WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Hexagone; trésorerie; délais de paiements; dépôts de bilan; médiation; affacturage

Macro-économie / Taux / croissance / Entreprises françaises / Moral / dirigeants d'entreprise

Macro-économie / Taux
croissance / Entreprises françaises / Moral / dirigeants d'entreprise

Le pessimisme gagne les entreprises françaises / Leur confiance dans leur croissance s'étiole

Problèmes de fond et conjoncturels rendent pessimistes les entreprises hexagonales, l’étude annuelle que leur consacre le Cabinet ARC dépeint leur moral comme étant en berne. Il n’y a plus guère que 18 % des dirigeants interrogés pour croire à une croissance de leur activité dans les six prochains mois. Denis Le Bossé, président du cabinet ARC, est revenu pour WanSquare sur les facteurs expliquant cette dynamique morose.  
Commerce à vendre aux enchères. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Commerce à vendre aux enchères. Photo by Nicolas Guyonnet / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

L’effet d’une douche froide. Les difficultés s’accumulent ces derniers mois pour les entreprises françaises et elles sont logiquement de plus en plus pessimistes pour leur activité. Un constat présent dans l’étude annuelle menée par le Cabinet ARC, en partenariat avec l’IFOP, s’intéressant à la perception des entreprises et notamment de leurs situations économiques.

Le président du Cabinet ARC, Denis Le Bossé, constate que "la confiance dans l’avenir est aujourd’hui largement émoussée chez les dirigeants français". Un constat qu’il livre à WanSquare en complément de chiffres déjà bien parlants ; ce sont actuellement 23 % des chefs d’entreprise sondés qui anticipent le recul de leur activité au cours des 6 prochains mois (soit une hausse de 6 points en un an), uniquement 18 % d’entre eux qui envisagent une croissance (ce qui constitue une baisse de 15 points en douze mois) et le reste tablant sur un maintien.

Un horizon où les nuages noirs s’amoncellent et pourtant, ces mêmes dirigeants sont encore plus pessimistes concernant la situation économique de l’Hexagone, avec 94 % d’entre eux qui ne voient pas la situation s’améliorer durant les 6 mois à venir. Ils sont 52 % à tabler sur une dégradation de l’économie française. Denis Le Bossé nous confiant qu’une "crise de confiance est en train de s’instaurer, certaines entreprises ont eu du mal à se remettre de la pandémie et la situation politique et économique ne les aide pas à retrouver le chemin de la croissance".

 

Même rengaine

 

Difficile de leur donner tort tant, étude après étude et baromètre après baromètre, les mêmes griefs reviennent en boucle. Comme de coutume ce sont surtout les plus petites entreprises qui sont la principale source d’inquiétude, ce que le président du spécialiste du recouvrement de créances explique par "des problèmes chroniques de manque de fonds propres et de trésoreries, auxquels s’ajoute une difficulté à faire face à des créances qui s’accumulent".

Une difficulté à laquelle s’ajoute la croyance de "près de la moitié des sondés [qui] constatent que, au regard de la situation économique actuelle, les assureurs-crédits se désengagent vis-à-vis des TPE/PME ". Par effet de domino d’autres difficultés apparaissent, avec des répondants qui attestent que les pratiques de paiement ne s’améliorent pas. Ils sont " 90 % à ne pas avoir constaté d’amélioration en la matière et 30 % à indiquer que les délais de paiement de leurs clients se sont détériorés ".

En conséquence le retard moyen de paiement est ainsi "passé de 15 jours en 2023 à 17,5 jours en 2024, soit un niveau jamais atteint depuis ces 10 dernières années ". Une situation qui les pousse parfois dans les bras de l’affacturage, nous confie Denis Le Bossé, lequel juge que "la pratique rencontre toujours du succès, à la différence des grands groupes les plus petites structures ont beaucoup moins de moyens pour sécuriser le cash. Néanmoins il faut rester très prudent quant à l’utilisation d’une technique dont le coût peut absorber tout ou une partie de la marge de l’entreprise. 86 % des entreprises estiment l’affacturage trop coûteux donc peu rentable". Un choix que n’ont parfois tout simplement pas des entités n’ayant plus accès à un financement classique bancaire.

 

Bout du tunnel

 

Pour une nouvelle fois encore, certaines solutions pour améliorer leur quotidien continuent à être plébiscitées par les répondants. Le président du Cabinet ARC indique que "l’apparition d’une notation des délais de paiements continue à avoir les faveurs des dirigeants. Les informations actuelles basées sur la seule solvabilité ne suffisent pas à distinguer les mauvais payeurs des autres entreprises ". Une thématique de la transparence qui a le vent en poupe, puisque ce sont également près de 80 % des dirigeants qui souhaitent que les pratiques de délais de paiements soient intégrées à la notation financière et 68 % des entreprises qui veulent que ce soit intégré au sein du rapport RSE.

Une nouvelle mesure émerge dans cette édition, il s’agit de rendre proportionnelles aux résultats d’entreprises les amendes qui leurs sont infligées lorsqu’elles ne respectent pas les délais de paiements. Denis Le Bossé nous confie que "les entreprises ont le sentiment que le plafond actuel, de 2 millions d’euros, n’incite pas assez les entreprises à respecter les délais. C’est d’ailleurs une mesure qui avait intéressé Olivia Grégoire, lorsqu’elle était ministre en charge des TPE et PME, et qui malheureusement n’est plus aujourd’hui à l’ordre du jour".

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article