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Politique économique / Donald Trump / Etats-Unis

Politique économique
Donald Trump / Etats-Unis

Les menaces en l’air de Donald Trump

Alors que les discussions patinent avec le Canada, le Président américain a menacé de sortir son pays de l’Alena alors que cette décision revient au Congrès. Il applique les mêmes méthodes de négociation que dans ses affaires, mais ni son parti ni les marchés ne semblent réaliser l’enjeu de ce rapport de force.
Donald Trump
Donald Trump

Comme à son habitude, Donald Trump n’a pas chômé sur Twitter en ce long week-end de Fête du Travail. Vendredi, les discussions avec le Canada ont achoppé sur une nouvelle version de l’Alena (Accord de Libre-Echange Nord-Américain), tandis que de l’autre côté, l’accord officiellement trouvé avec le Mexique est encore très flou et les contours n’en ont pas été clarifiés. Mais ce week-end, le Président américain a continué sa rhétorique agressive de menaces sur les réseaux sociaux, affirmant à nouveau que le Canada serait écarté du pacte de libre-échange s’il ne faisait pas de concessions, et intimant surtout au Congrès de ne pas interférer sous peine de sortir totalement de l’Alena. Dans un deuxième temps, il a vivement critiqué Richard Trumka, le président du puissant syndicat AFL-CIO, qui avait jugé sur sa chaîne préférée, Fox News, qu’un tel accord serait difficile à concevoir sans le Canada tant les trois économies sont intégrées.

Mais une fois de plus, le locataire de la Maison Blanche est allé un peu vite en besogne. Car, comme n’a pas tardé à le faire remarquer Ron Wyden, le sénateur démocrate de l’Oregon et chef de file du comité de finance du Sénat responsable des accords commerciaux : « Le Président doit regarder la Constitution – elle donne l’autorité du commerce extérieur au Congrès. Il ne peut pas sortir l’Amérique de l’Alena sans la permission du Congrès », a-t-il rappelé. Des propos confirmés, de manière plus voilée, par le responsable républicain de ce comité de finance, Orrin Hatch : « L’approbation du Congrès sera clé pour le succès d’un accord commercial modernisé ».

Le lien n’est pourtant pas coupé avec le Canada, et les discussions reprendront mercredi, dans un contexte où le Premier ministre Justin Trudeau est lui aussi en difficultés dans son propre pays, un an avant le prochain enjeu électoral. Et les Etats-Unis ont aussi tout intérêt à maintenir une relation privilégiée avec son voisin, dans un contexte de concurrence mondiale accrue avec l’Europe et l’Asie. « Tout cela frise la folie, nous avons un accord tout à fait réalisable avec le Canada », s’est exclamé Alan Blinder, ancien vice-chairman de la Fed et professeur d’économie à Princeton. « Son propre parti se soumet (à lui ndlr) et les marchés sont particulièrement complaisants, ils ne croient pas que les relations peuvent se détériorer », a-t-il indiqué, faisant référence à un marché en baisse de seulement 0,3% ce matin à Wall Street.

Pour certains, l’enjeu de ces négociations est à relativiser, dans la mesure où les exportations ne représentent que 10% de l’économie américaine. Mais c’est la place des Etats-Unis dans un monde de plus en plus interconnecté qui est en jeu. A cet égard, le parti républicain joue un jeu dangereux : selon un sondage Axios, 60% d’entre eux approuvent sa gestion du dossier et la signature d’un pacte seulement avec le Mexique, tandis que les Américains y sont opposés. D’où un risque de défiance majeure à l’approche des élections de mi-mandat en novembre prochain.

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