Régulation / Concurrence / Anne Lauvergeon / Areva / UraMin / Orano / pnf
Régulation / Concurrence
Anne Lauvergeon / Areva / UraMin / Orano / pnf
Suite du scandale Areva UraMin
C’est l’histoire d’une affaire vieille d’un peu plus de dix ans qui mêle corruption d’argent public, fraude fiscale, abus de pouvoir, diffusion de fausses informations, présentation de comptes inexacts, délit d’initié, négligences sanitaires et écologiques et entrave au code du travail africain. Sous la direction d’Anne Lauvergeon en 2007, Areva rachète UraMin, l’entreprise propriétaire depuis l’année précédente de trois gisements d’uranium - en Namibie, en Afrique du Sud et en Centrafrique -, pour 1,86 milliard d’euros. En mars 2015, l’entreprise publique annonce des pertes de 4,8 milliards d’euros et engage une restructuration. L’État participe à une recapitalisation de 5 milliards d’euros afin de restaurer son bilan et l’activité "réacteurs" est entièrement cédée à EDF.
Parmi tous les couacs de l’affaire du groupe public, le PNF soupçonne les dirigeants de l’époque d’avoir dissimulé dans les comptes du groupe devenu Orano, l’ampleur des pertes liées au rachat des gisements en jouant sur les provisions inscrites au bilan. Dans cette sous-partie du dossier, les juges ont déjà mis en examen Anne Lauvergeon pour "présentation et publication de comptes inexacts" et "diffusion d'informations trompeuses", alors que l'ancien dirigeant de la filiale des mines, Sébastien de Montessus, a été placé sous le statut "intermédiaire de témoin assisté". Le bilan financier d'Areva pour 2010 faisait état de 426 millions d'euros de provisions sur les actifs d'UraMin. Mais après le départ d'Anne Lauvergeon du groupe fin juin 2011, ces provisions avaient été portées à 1,456 milliard d'euros.
Les juges avaient déjà bouclé cette enquête mais ils demandent désormais de nouvelles mises en examen pour "délit d’entrave" du côté de l’ex dirigeante et "complicité de présentation de comptes inexacts", "complicité de diffusion d’information trompeuses" et "délit d’entrave" pour l’ex directeur de la filiale. La Cour d'Appel a aussi demandé la mise en examen pour "délit d'entrave" de Gérard Arbola, l'ancien numéro deux du groupe, d'Alain-Pierre Raynaud, l'ex directeur financier d'Areva, et de Thierry Noircler, l'ancien responsable de l'audit. Gérard Arbola est déjà mis en examen dans cette affaire pour "présentation et publication de comptes inexacts" et Alain-Pierre Raynaud pour "complicité" de ces mêmes faits.
Dans le second volet de l’affaire qui porte sur les soupçons d’escroquerie et de corruption lors de l’acquisition de la compagnie minière, Anne Lauvergeon a été placée sous le statut de témoin assisté. Selon le Mail & Guardian de Johannesburg, Areva aurait racheté UraMin à un prix largement surévalué pour qu’une partie de la transaction permette de verser plusieurs centaines de millions d’euros de commission au clan du président sud-africain d’alors, Thabo Mbeki. En échange, Areva espérait gagner un appel d’offres pour plusieurs centrales nucléaires et une usine d’enrichissement de l’uranium — une hypothèse reprise par d’autres sources.
Anne Lauvergeon assure aussi ne pas avoir parlé du rachat d’UraMin à son mari. Ce dernier, impliqué dans l’opération, est mis en examen pour délit d’initié car il est soupçonné d’avoir spéculé sur le titre de l’entreprise à travers la société Vigici, sise à Lausanne, la veille de sa prise de contrôle par Areva. Il en aurait tiré un bénéfice de 300.000 euros. Un dénommé Olivier Fric.
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