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Stellantis et Orano ne donneront pas naissance à leur coentreprise / Un projet de recyclage des batteries de véhicules électriques laissé sans suite
C’est un (quasi) anniversaire qui rimera finalement avec renonciation. Dévoilé en octobre 2023, le projet commun de Stellantis et Orano ne verra pas le jour, ont annoncé le constructeur automobile et le groupe français spécialiste des combustibles nucléaires, sans donner plus d’explications. "Stellantis et Orano ne finaliseront pas la coentreprise prévue pour le recyclage des batteries des véhicules électriques en fin de vie et des rebuts de fabrication des gigafactories, conformément au protocole d’accord non-engageant annoncé par les deux parties en octobre 2023", indiquent les deux protagonistes dans un communiqué, soulignant toutefois explorer ensemble d’autres relations commerciales.
Un projet qui aurait permis au constructeur automobile de consolider sa position dans la chaîne de la valeur des batteries (comme il a aussi pu le faire au travers de la création d’une coentreprise dédiée à la fabrication de ces dernières avec TotalEnergies et Mercedes-Benz, Automotive Cells Company (ACC)), tout en sécurisant un approvisionnement supplémentaire en cobalt, en nickel ou en lithium. Soit tous les composants nécessaires à l’électrification du secteur.
De l’économie circulaire
Le projet devait s’appuyer sur un procédé mis au point par Orano, permettant de récupérer les composants des batteries lithium-ion. Il aurait aussi ouvert la voie à la fabrication et à la production de nouveaux matériaux pouvant être raffinés dans le futur site hydrométallurgique d’Orano prévu à Dunkerque. Le tout au travers d’un procédé à faible émission de carbone. Sachant que ces matériaux auraient pu être réutilisés dans les batteries, le taux de récupération des métaux aurait atteint 90 % dans ce contexte. "Cela permettra aux équipementiers de respecter le taux de recyclage recommandé par la Commission européenne pour les batteries des véhicules électriques", rappelait alors Stellantis. D’autant que selon le plan stratégique du groupe dirigé par Carlos Tavares, "Dare Forward 2030", sa "business unit" d’économie circulaire devrait multiplier par dix le chiffre d’affaires lié au recyclage à son terme et générer, d’ici là, plus de 2 milliards de revenus totaux.
Cette nouvelle société de recyclage, dont la production aurait dû débuter en début d’année 2026, aurait aussi fourni aux partenaires et aux réseaux après-vente de Stellantis des solutions pour gérer les batteries hors d’usage. Si la coentreprise restait soumise à l’approbation de documents définitifs, sur le papier, tout semblait donc bien utile aux deux parties.
Des ajustements
Sans plus de détails donnés sur l’arrêt du projet, difficile d’établir un lien de causalité entre son abandon et le très net ralentissement du marché de véhicules électriques. Stellantis n’a en revanche jamais caché que ses plans d’investissements en la matière s’ajusteraient en fonction du rythme de croissance de leurs ventes sur le marché.
En témoigne, notamment, le report de la construction de deux nouveaux sites de production d’ACC en Allemagne et en Italie. Ou, encore, l’équipement de davantage de modèles européens d’un groupe motopropulseur hybride, alors que la demande pour ce type de voitures grandit en Europe en raison d’un prix moins élevé que celui des véhicules 100 % électriques. Au mois d’août 2024, les immatriculations de voitures électriques à batteries ont en tout cas chuté de 49,3 %, selon les chiffres de l’Association des constructeurs européens d’automobile, repassant ainsi sous la barre des 100 000 unités. Leur part de marché a quant à elle atterri à 14,1 % à la fin de l’été, contre 21 % un an auparavant.
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