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Stress-tests : de la SocGen à BNP Paribas
Un Brexit confus, un mouvement de panique sur le marché de la dette souveraine et privée après les révélations italiennes, la révision brutale et importante des primes de risques… des scénarios catastrophes et probables qui rendent d’autant plus louable le dernier examen de l’Autorité bancaire européenne (ABE) sur la résilience bancaire, dont les résultats ont été rendus publics. Des données bien sûr précieuses pour évaluer la capacité des banques à satisfaire aux exigences prudentielles, mais qui constituent aussi une base solide aux discussions entre les autorités compétentes. Un examen strict qui a enfin l’avantage d’éviter de mobiliser de l’argent public pour "sauver" les banques dans le cas d’un scénario défavorable, comme cela a été le cas il y a tout juste dix ans.
Les stress-tests ont été lancés et coordonnés par l’ABE en coopération avec la Banque centrale européenne (BCE) et le Comité européen du risque systémique. Le bilan de santé a été mené sur 48 banques de l’Union européenne (UE) – dont six Françaises – couvrant environ 70 % du total des actifs bancaires de l’UE. Parmi elles, 33 se trouvent dans la zone euro, sous la tutelle de la BCE. À noter que cette année, l’ABE n’a pas analysé les établissements des systèmes bancaires jugés les plus fragiles tels que la Grèce et le Portugal. Enfin, bien que l'autorité européenne ne décerne pas de bons ou de mauvais prix à l’issue des résultats, une banque est dite "fragile" dès lors que son ratio de fonds propres CET1 tombe sous le seuil plancher de 5,5 % dans le cas d'un scénario extrême.
Au niveau global, le scénario défavorable conduit à un ratio moyen de fonds propres CET1 de 10,1 % à la fin de l’année 2020, montrant une capacité d’absorption des chocs tout à fait correcte. De fait, le pourcentage représente près du double du seuil plancher. Commentant les résultats de l'exercice, Mario Quagliariello, directeur des analyses économiques et des statistiques à l'ABE, a déclaré : "Les résultats du test de résistance montrent que les efforts déployés par les banques pour se constituer des fonds propres au cours des dernières années ont contribué à renforcer leurs capacités".
Parmi les banques françaises qui ont été testées, la Société Générale arrive dernière de la classe avec un ratio CET1 à 7,61 % dans le scénario extrême. Et elle ne fait guère bien mieux au niveau européen, obtenant la 41ème place du classement sur les 48 banques testées. La Banque Postale fait également partie des cancres puisque c’est elle dont le ratio se réduirait le plus à la suite d’une crise, alors que BPCE et Crédit Agricole s’en sortent mieux. C’est le Crédit Mutuel qui se retrouve avec le quotient le plus élevé dans le cas d’un scénario adverse et BNP Paribas est en tête lorsqu’il s’agit de calculer l’impact ressenti sur le ratio, affichant in fine un CET1 à 8,64 %.
Plus en détail, la baisse des revenus nets d’intérêt contribue à celle du résultat pour 9,31% à la Banque Postale, pour 19,98 % chez BNP Paribas et 29,92 % à la SocGen. La diminution des revenus de commissions contribue à la diminution du résultat pour 7,88 % à la banque au logo rouge et noir, 10,93 % chez BNP et jusqu’à 15,88 % à la Banque Postale. Toujours dans le cas d’un scénario catastrophe, les dépréciations et pertes sur des actifs financiers contribuent à la baisse du résultat simulé pour 28,88 % à la Banque Postale, mais pour une proportion beaucoup plus importante chez BNP et encore plus à la SocGen.
Les banques britanniques et allemandes souffriraient bien plus dans le cas d'un scénario catastrophe. C’est le cas de Lloyds Banking Group, Barclays, Royal Bank of Scotland ainsi que la Deutsche Bank. Et les banques italiennes sous le feu des projecteurs après que le gouvernement populiste a engagé un bras de fer budgétaire avec Bruxelles, s’en sont plutôt bien sorties, donnant tort à tous les commentaires pré-publication. Le ministre italien de l'Économie, Giovanni Tria n’a pas manqué de saisir l’occasion, prenant "acte avec satisfaction du résultat des stress-tests [...] sur l'état de santé du système bancaire italien".
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