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États-Unis : les stress tests réduits à peau de chagrin
La dérégulation bancaire est plus que jamais en marche aux États-Unis. Hier, la Réserve Fédérale a indiqué qu’elle allait ajuster la structure de ses stress tests, et simplifier un certain nombre de critères pour les examens annuels de solidité des banques du pays. Ainsi, les plus grandes banques américaines ne seront plus soumises à la partie qualitative de ces tests, qui mesure les potentielles fautes opérationnelles ou la gestion des risques, en cas de crise grave de liquidité. Elles devront néanmoins passer la partie quantitative, soit les niveaux minimums de capitaux à garder dans de tels scénarios. Les filiales US de cinq banques étrangères concernées par ces tests - Deutsche Bank, Barclays, Credit Suisse, TD Bank ou encore UBS - seront quant à elles tenues de passer ces examens pour les quatre prochaines années, avant d’être dispensées de leur aspect qualitatif.
Un membre de la Fed, Lael Brainard, a voté contre cette suppression des tests qualitatifs pour les plus grandes banques, d’autant plus que celles qui ont été recalées dans le passé l’ont été en raison de cette partie. Ce qui limite ensuite leur capacité à distribuer du cash à leurs actionnaires. Mais la décision suit un mouvement général de relâchement de la régulation bancaire décidée après la crise de Lehman Brothers par l’administration Trump. Il se justifie grâce aux "améliorations dans la gestion des capitaux par les plus grandes firmes", selon la Fed. Le mois dernier, la banque centrale américaine avait déjà approuvé la décision de relever le seuil d’actifs sous gestion à 250 milliards de dollars pour soumettre les établissements financiers aux stress tests.
En parallèle, un autre panel de supervision réglementaire, le Financial Stability Oversight Council, a quant à lui décidé que les plus grandes institutions non bancaires, à l’instar des assureurs, gérants d’actifs etc., ne seraient plus considérées comme "systémiques", et donc détachées des contraintes réglementaires plus sévères envers cette catégorie. Cette annonce est symbolique, dans la mesure où elle concernait quatre établissements comme AIG, MetLife ou Prudential, qui ont ensuite obtenu de ne plus en faire partie. L’organe prévoit de ne classer des acteurs comme systémiques à l’avenir que s’il n’y a aucune autre façon de réorganiser leurs activités pour les rendre moins risquées.
Les banques n’ont pas manqué de saluer ces concessions majeures faites par la Fed. "Les actions d’aujourd’hui reflètent la stabilité du système financier et l’expérience grandissante de la Fed avec les stress tests", a réagi le porte-parole de l’American Bankers Association.
Reste que ces gestes contrastent avec les mesures décidées par le Financial Stability Board simultanément. Ce régulateur mondial a ainsi lancé un examen approfondi du marché des leveraged loans, qui atteint 1.400 milliards de dollars dans le monde. Et en particulier des CLO (Collaterized Loans Obligations) et du risque que ferait peser un assèchement de ce marché sur la finance mondiale. Alors que la Fed voit les nuages disparaître à l’horizon, le dirigeant du FSB Randall Quarles juge au contraire que les risques sur la stabilité financière – à l’inverse des risques de cycle – "ont diminué très modestement" cette année par rapport aux précédentes. Réponse à l’automne prochain, lors de la publication de son rapport.
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