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Donald Trump / Etats-Unis

Élections : les marchés ne sont pas toujours l’ami de Donald Trump

Alors que les élections de mi-mandat se tiennent aujourd’hui, le Président américain s’est souvent glorifié de la hausse des marchés depuis son élection. Pourtant, cela n’a pas été favorable à ses prédécesseurs et les marchés pourraient mal réagir, même si les républicains font une belle performance.
NYSE - bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis
NYSE - bourse - drapeau américain - New York - USA - Etats-Unis

Scène surréaliste lors du dernier rallye de campagne de Donald Trump dans le Missouri, lundi. Le Président américain a fait venir sur scène deux journalistes stars de Fox News, Sean Hannity et Jeanine Pirro, un mélange des genres pour le moins choquant. Les deux ont pris la parole pour soutenir le Président, et le premier a même pointé du doigt l’espace réservé aux médias - où se trouvait une envoyée spéciale de la chaîne Fox - en les traitant de "fake news". Donald Trump s’est aussi vanté d’avoir "de super amis" parmi les grands noms de la chaîne, et a bien sûr repris ses thèmes favoris comme la bonne tenue de l’économie (avec une croissance à 4,2 % au deuxième et 3,5 % au troisième trimestre), et du marché du travail (avec un taux de chômage à 3,7%). En revanche, il dispose de moins d’arguments concernant les marchés, qui après un important rallye, ont vacillé ces dernières semaines, sur fond de guerre commerciale et de hausse des taux par la Fed.

Or, les élections de mi-mandat sont traditionnellement défavorables au parti du Président, et au parti majoritaire au Congrès, même si les marchés sont bien orientés. En 2006, le S&P 500 avait gagné 13,6 % avant l’élection qui a vu George W. Bush perdre sa majorité. Même punition pour Barack Obama en 2010, malgré une hausse de 12,7 % de l’indice. Or, le S&P 500 n’est plus qu’en faible hausse - de 2,42 % - depuis le début de l’année malgré l’entrée en vigueur de la réforme fiscale, ce qui ne plaide pas en faveur du Président. Surtout, les investisseurs pourraient réagir de façon mitigée aux résultats des élections, qu’ils soient favorables ou non aux républicains.

Car le tableau américain n’est pas aussi rose, selon Florence Pisani de Candriam : "La reprise engagée depuis 2009 a été la plus poussive de l’après-guerre et aucun des problèmes structurels auxquels l’économie américaine est confrontée (inégalités, faiblesse des gains de productivité, trajectoire de la dette publique…) ne sont pas en passe d’être résolus." En outre, la réforme fiscale censée stimuler l’investissement n’a pas fonctionné : "Sur la première moitié de l’année, les entreprises ont consacré l’essentiel des baisses d’impôts au rachat de leurs actions", plaide Florence Pisani, jugeant que le contexte de guerre commerciale ne va pas aider les choses dans les prochains mois. Un contexte qui risque de pousser la Fed à augmenter ses taux pour "continuer… à freiner la croissance".

Le scénario principal, celui d’un Congrès divisé entre une Chambre démocrate et un Sénat républicain à l’issue de cette élection, aura un impact limité sur les marchés car nombre de projets de loi risquent d’être gelés, selon la plupart des stratégistes. Et pourrait même inciter Donald Trump à calmer le jeu envers la Chine, selon Philippe Gijsels, chef stratégiste de BNP Paribas Fortis. Or, "le marché des actions américaines a toujours affiché de bonnes performances en cas de blocage politique à Washington. Les marchés devraient donc bien réagir à ce résultat dans la mesure où l’économie américaine se porte bien et où le marché des actions profite de la situation", fait valoir Alliance Bernstein, qui estime que cela pourrait diminuer la pression sur les taux américains, en l’absence de nouveau coup de pouce fiscal.

Mais une victoire des démocrates n’est pas forcément synonyme de baisse des marchés car elle peut ouvrir la voie à un plan d’infrastructures (même s’ils n’ont pas forcément intérêt à soutenir une initiative qui pourrait accroître les chances d’une réélection de Donald Trump). Une victoire des démocrates aurait aussi pour conséquence un débat houleux sur le relèvement du plafond de la dette au printemps, mais aussi une enquête accrue sur les agissements du Président, dans l’espoir de déclencher un ‘impeachment’. Mais il convient de rappeler que Donald Trump a, sauf pour la réforme fiscale, beaucoup gouverné sous forme de décret jusqu’à présent, et l’enjeu de cette élection est aussi à remettre en perspective dans ce contexte.

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