Macro-économie / Taux / Etats-Unis / Donald Trump
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Etats-Unis / Donald Trump
Pas de récession en vue aux États-Unis
Si les équipes de BNP Paribas à New York ont dressé la semaine passée un scénario plutôt sombre des perspectives de l'économie américaine pour l'an prochain, les membres Candriam sont nettement plus confiants pour la conjoncture USA. La société de gestion, qui a présenté aujourd'hui ses perspectives économiques pour 2019, a ainsi affirmé qu'aucune donnée ne permettait pour l'instant de prédire un retournement de la conjoncture américaine. "Il n'y a aucune raison d'attendre une récession des États-Unis. Aucun élément ne permet de se préparer à une récession prévisible", a ainsi affirmé Anton Brender, chef économiste.
Certes, les États-Unis sont en voie de connaître leur cycle économique le plus long depuis la seconde guerre mondiale, ce qui explique que de nombreux prévisionnistes estiment que la croissance américaine ne pourra perdurer beaucoup plus longtemps. Sachant que la politique fiscale de Trump a finalement eu un impact très modéré sur les investissements du pays : la contribution de ceux-ci au PIB américain est stable depuis 2013 et ne représente que 0,8 % du PIB, contre 2 % pour la consommation des ménages. "Comme bien souvent, Donald Trump mène des mesures peu cohérentes. Et s'il a mis en place une politique de stimulus fiscal importante, il a dans le même temps déclaré la guerre commerciale à la Chine, ce qui a entraîné des disruptions dans la chaîne de production des entreprises américaines", explique encore l'économiste de Candriam. Qui estime que le contexte de "trade war" est par ailleurs très défavorable à l'investissement, en raison des incertitudes qu'il fait peser sur l'avenir des exportations de produits du pays.
Un élément devrait cependant permettre d'éviter un retournement brutal de la conjoncture américaine l'an prochain : la bonne gestion par la Fed du resserrement monétaire. "Contrairement à ce qui est souvent reproché à la Fed, elle n'est pas en retard sur sa sortie de QE", poursuit Anton Brender. La preuve : le resserrement des taux entamé par la Fed a déjà commencé à se traduire sur l'investissement résidentiel, avec un ralentissement des ventes de maisons neuves et des demandes de prêts hypothécaires. L'impact sur le secteur l'an prochain devrait donc être contenu. "Les effets du resserrement de la Fed sont déjà en place", poursuit le chef économiste.
Par ailleurs, l'inflation ne devrait pas accélérer l'an prochain, et la Fed ne sera donc pas contrainte d'accélérer le rythme de resserrement des taux. Certes le taux de chômage est au plus bas, ce qui aurait logiquement dû entraîner une hausse des salaires ; mais le taux d'emploi encore élevé devrait permettre de couvrir les besoins en main-d’œuvre des entreprises jusqu'à la fin 2019 et éviter une trop forte hausse des salaires l'an prochain. Dans ces conditions et sauf si les prix du pétrole dérapent, l'inflation devrait avoisiner les 2,5 % en 2018-2019, et la Fed continuer de remonter prudemment ses taux d'intérêt. Sauf choc de confiance, la croissance devrait donc atteindre 3 % cette année et décélérer autour de 2,6 % l'an prochain, selon Candriam. Qui anticipe en revanche un ralentissement beaucoup plus net pour 2020 (avec une croissance largement en dessous de 2 %).
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