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Les CFO américains voient la récession arriver en 2019

Un sondage de la Duke University montre que près de la moitié des directeurs financiers américains anticipent une récession aux États-Unis l’an prochain, et même 66 % la voient arriver en Europe. Les entreprises US ont de plus en plus de mal à recruter pour financer leur croissance à venir.
New York - buildings - Etas-Unis
New York - buildings - Etas-Unis

Les indicateurs de confiance des dirigeants sont un baromètre important de l’évolution de l’économie, car ce sont eux plus que quiconque qui peuvent anticiper une contraction. Or, les derniers résultats issus du sondage mené par la Duke University auprès de 212 directeurs financiers américains ne sont guère réjouissants. Ainsi, près de la moitié des personnes interrogées jugent que la croissance va passer dans le rouge dans les 12 prochains mois, alors même que l’économie américaine va enregistrer un PIB de très bonne facture cette année. Et si les États-Unis échappent à une récession cette année, 86 % jugent qu’elle devrait arriver d’ici la fin 2020.

"L’explosion de croissance économique de près d’une décennie touche à sa fin", selon John Graham, professeur de finance à la Business School Fuqua de Duke University. "La prévision américaine a décliné, et surtout les anticipations sont même plus sombres dans nombre d’autres parties du monde, ce qui devrait conduire à une demande plus faible en produits US". Car pas moins de 86 % des CFO interrogés entrevoient une récession au Canada l’an prochain, et même 66 % la localisent en Europe ! Ce chiffre tombe à 54 % pour l’Asie et 42 % pour l’Amérique latine.

Pourtant, la croissance économique devrait être de très bonne facture à 3 % cette année, et même 2,7 % l’an prochain, selon la moyenne des personnes interrogées. Ce qui reste bien moins que les 3,3 % enregistrés en moyenne sur les trois premiers trimestres de l’année. Mais alors que l’économie se rapproche à grands pas du plein-emploi, le principal risque pour les entreprises est celui de ne pas réussir à attirer et retenir des travailleurs qualifiés, le fameux "fossé de compétences". Plus de 7 millions d’emplois restent vacants, et avec un taux de chômage historiquement bas à 3,7 %, la concurrence est féroce pour recruter.

Parmi les autres risques cités par les CFO, on retrouve aussi les politiques publiques, l’incertitude économique et la hausse des coûts de l’emploi. Pour toutes ces raisons, les profits des entreprises ont toutes les chances de ralentir l’an prochain, avec une hausse de 4,5 % anticipée par les sondés dans les 12 prochains mois, contre 12,8 % lors de la dernière enquête de septembre. Enfin, ils attendent une hausse des capex de 1 % (contre 5,7 %) et de l’inflation à 2,7 % (contre 3 %). Ces chiffres sont autant de faisceaux d’indices qui montrent l’inquiétude des directeurs financiers sur la possibilité d’une récession mondiale à court terme. Un point de vue encore confirmé mercredi par Jeffrey Gundlach, le gourou de l’obligataire qui gère 120 milliards de dollars, et particulièrement pessimiste, qui juge que la Fed est sur une "mission suicide" en relevant les taux alors que l’économie mondiale ralentit.

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