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Marie Brizard / Assemblée générale
Marie Brizard - Cofepp, suite et fin
Les actionnaires du groupe français Marie Brizard Wine & Spirits se sont prononcés hier en faveur de la première option du plan de sauvetage présenté par l’actionnaire de référence Cofepp, les petits porteurs votant ainsi pour "un moindre mal", selon les termes de Colette Neuville, présidente de l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires).
Rappelons que MBWS pourrait accuser une perte nette comprise entre 60 et 65 millions d’euros l’an dernier (selon ses propres estimations), après avoir déjà essuyé une perte de 67,3 millions d’euros en 2017. Son concurrent direct français Cofepp - propriétaire de La Martiniquaise - s’est proposé comme bienfaiteur pour renflouer les liquidités du groupe, à hauteur de 25 millions d’euros selon deux modalités distinctes, dévoilées la veille de Noël 2018.
La première option (privilégiée dès le début par MBWS) prévoyait une augmentation de capital de 37,712 millions d’euros à Cofepp, qui ferait automatiquement augmenter sa participation actuelle de 29,47 % à un niveau compris entre 37 % et 47 %, sous condition de l’obtention d’une dérogation à l’obligation de mettre en œuvre une OPA. La seconde option reposait, elle, sur une augmentation de capital de 35 millions d’euros avec maintien du droit préférentiel de souscription (DPS). Cofepp détiendrait ici au maximum 30 % de MBWS.
L’arrivée de Cofepp au capital de MBWS à hauteur d’au moins 30 % inquiétait les actionnaires minoritaires et certains investisseurs institutionnels qui ont fait appel l’an dernier à Colette Neuville pour saisir l’Autorité des marchés financiers (AMF). L’experte présidente fondatrice de l’Adam a vu d’un mauvais œil ce rapprochement : le choix suspect de la veille de Noël pour annoncer les conditions du prêt, l’absence d’un expert indépendant pour témoigner de l’équité du projet et le manque de communication crédible sur le business plan. En multipliant les alertes à l’AMF, Colette Neuville a obtenu le rapport de l’expert indépendant - qui n’a cependant pas été en mesure de remettre l’attestation à temps en raison du manque d’information disponible - et un meilleur traitement des petits porteurs.
Lors de l’assemblée générale hier, les actionnaires se sont prononcés favorablement à 89,35 % pour la première option mais d’abord, la dilution des minoritaires est sensiblement réduite, ensuite les petits porteurs de parts pourront juger à plus long terme la stratégie conduite par Cofepp. Ce dernier s'est engagé à ne pas exercer au total plus de 30 % (contre 47 % initialement !) des BSA émis dans le cadre du plan de sauvetage. Par ailleurs, la durée d'exercice pour l'ensemble des actionnaires de certains BSA dits de "long terme" va être portée de 27 à 42 mois, a indiqué le groupe.
En refusant l’option principale et au regard de la situation financière du groupe MBWS, les actionnaires se risquaient à une liquidation judiciaire qui aurait notamment entraîné la cession de ses marques dans les plus mauvaises conditions. Et leur laissait peu de chance de s’en sortir avec la moindre valeur… La direction de Marie Brizard devrait publier les comptes annuels 2018 avant le 15 mai 2019.
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