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Politique européenne / Brexit / référendum / Jeremy Corbyn

Politique européenne
Brexit / référendum / Jeremy Corbyn

Brexit : le coup de théâtre des travaillistes

Soumis à une fronde interne, Jeremy Corbyn, le leader du Parti travailliste britannique, a indiqué qu’il soutenait un deuxième référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE, avec l’option du "Remain". Une voie s’ouvre pour ses partisans, mais leurs chances d’obtenir gain de cause sont pourtant très minces.
Jeremy Corbyn et Michel Barnier
Jeremy Corbyn et Michel Barnier

Nouveau rebondissement dans la saga sans fin du Brexit : Jeremy Corbyn, le leader du parti travailliste, a pris tout le monde de court en annonçant, lundi en fin de journée, qu’il était en faveur d’un nouveau référendum sur la sortie du pays de l’Union européenne, si les négociations ne devaient pas aboutir d’ici la date butoir du 29 mars prochain. L’homme a ensuite précisé qu’il souhaitait faire figurer l’option "Remain" dans cette consultation, c’est-à-dire le choix entre le plan de Theresa May et celui de rester dans l’Union européenne.

Cette annonce est à replacer dans son contexte : depuis plusieurs jours, Jeremy Corbyn fait face à une fronde de son propre camp, qui s’est matérialisée par la démission de huit députés travaillistes dans les dernières semaines. Lundi, la menace s’est faite encore plus présente lorsque son bras droit, Tom Watson, a évoqué la possibilité de créer un nouveau groupe social-démocrate, en rupture avec le principal parti d’opposition. Les membres travaillistes du Parlement (MPs) reprochent notamment aux responsables du parti de ne pas s’accorder sur l’amendement proposé par deux des leurs, Peter Kyle et Phil Wilson, qui proposent de faire voter le plan de Theresa May à condition qu’il soit soumis à un second référendum.

Le parti travailliste avait déjà adopté une motion sur sa position envers les négociations en cours en septembre dernier, qui envisageait cette option. Elle prévoyait que si le texte du Brexit était rejeté par le Parlement ou n’était pas voté à temps, cela constituerait une "perte de confiance" envers le gouvernement, qui appellerait à de nouvelles élections. Et que faute d’élections, le parti travailliste se prononcerait en faveur d’une nouvelle consultation publique.

Ce lundi, Jeremy Corbyn a donc confirmé qu’il plaidait pour une nouvelle consultation, mais la nouveauté vient surtout qu’il souhaite désormais offrir à nouveau le choix aux britanniques de rester dans l’Europe.

Car pendant ce temps, le dossier Brexit s’embourbe. Dans cette ambiance de pugilat généralisé au sein de chaque camp, Theresa May n’a eu d’autre choix que de repousser à nouveau le vote sur le mode de sortie du Royaume-Uni de l’UE au 12 mars prochain, soit 17 jours seulement avant l’expiration de la période de négociation. Ses opposants travaillistes l’ont aussitôt accusée de vouloir leur tordre le bras, en les obligeant à choisir entre un texte qu’ils jugent désastreux et un "no deal" catastrophique pour le pays et les marchés mondiaux, et qui plongerait la Grande-Bretagne dans la plus grande incertitude.

Mais il y a encore loin de la coupe aux lèvres pour les travaillistes. Car alors que le temps commence à manquer, le président du Conseil Donald Tusk a lui-même reconnu qu’une extension de l’article 50, à savoir la période de négociation pour la sortie d’un membre de l’UE, pourrait être la "solution rationnelle", même si Theresa May semble confiante sur sa capacité à l’éviter. Un troisième scénario consisterait donc en l’allongement des négociations, ce qui risque de prolonger l’incertitude, les tensions politiques en Grande-Bretagne, au grand dam de la majorité conservatrice comme des travaillistes.

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