WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Macro-économie / Taux / Brexit / Theresa May / référendum

Macro-économie / Taux
Brexit / Theresa May / référendum

Brexit : il n'y aura pas assez de temps pour un second référendum

Telle est la conclusion d'experts institutionnels interrogés sur le sujet par les lobbys britanniques pro-européens. Theresa May a de toutes les façons averti lors de l'infructueux sommet de Salzbourg, qu'elle y était opposée.
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne
Londres - Angleterre - Grande-Bretagne

Il ne reste plus beaucoup de cartes à jouer pour les Britanniques défenseurs de l'UE, à six mois de la date prévue du Brexit. Non seulement le sommet de Salzbourg d'hier et aujourd'hui - censé faire avancer les discussions - a une fois de plus échoué, chacune des deux parties étant restée campée sur ses positions. Mais la perspective d'un second référendum, défendu par de nombreux groupes de pression britanniques pro-européens (dont People Vote, le plus influent), semble de moins en moins probable. Et ce pour une simple raison de calendrier.

Alors que le dernier sondage en date, fin juillet, soulignait qu'une majorité d'Anglais est désormais favorable à un deuxième scrutin, des experts constitutionnels britanniques ont affirmé qu'il n'était plus possible d'organiser un référendum dans les temps. Quel serait selon eux le processus à suivre pour qu'une telle option survienne ? Dans un premier temps, le gouvernement devra prendre la délicate décision de proposer un retour aux urnes, une option très risquée du point de vue politique et qui ne sera donc pas prise du jour au lendemain. Westminster devra ensuite se prononcer sur le sujet, sachant que Theresa May ne dispose plus que d'une courte majorité au Parlement et qu'il n'est donc pas certain qu'elle obtienne le feu vert des MPs. Enfin, la commission électorale britannique doit ensuite donner son avis sur "l'intelligibilité" du référendum, ce qui prend généralement 12 semaines. Et si elle décide que le scrutin peut avoir lieu, dix semaines légales de campagne sont ensuite requises. Au total, selon deux chercheurs de UCL, Jess Sargeant et Alan Renwick, il faudrait au minimum 24 semaines entre la décision politique de Downing Street de proposer un nouveau scrutin et le jour J du référendum. 

Quel que soit le calendrier adopté et même si Lord Kerr, l'auteur de l'article 50 estime qu'il pourrait être accéléré, Theresa May a de toutes les façons exclu aujourd'hui la possibilité d'un second scrutin lors de la conférence de presse post sommet de Salzbourg. La Première ministre avait par ailleurs donné le ton hier soir à l'ouverture des discussions, déclarant qu'elle ne décalerait pas la date de sortie à plus tard que le 30 mars 2019, même si aucun accord n'était trouvé d'ici là. Le sommet informel ne laisse en tout cas plus beaucoup d'espoir d'un accord dans le temps imparti, tant les deux camps sont aux antipodes sur la façon d'envisager leurs futures relations. Bruxelles a répété que les discussions n'iraient pas plus loin lors du prochain sommet d'octobre, si la question irlandaise n'était pas réglée. Et déclaré que le plan de Chequers du mois de juillet, le seul que la Première ministre considère comme valable, n'était pas envisageable car il affaiblirait le marché unique européen. Rappelons que Theresa May avait proposé de créer "une zone de libre échange entre le Royaume-Uni et l'UE avec un ensemble de règles pour les biens industriels et les produits agricoles". Ce que Donald Tusk tout comme la Chancelière allemande ont rejeté aujourd'hui, estimant qu'il était impossible de faire des compromis au sujet du marché unique. 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article