WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
Boris Johnson Michael Gove Article 50 report paris en ligne

Politique européenne / Brexit / Westminster / Jeremy Corbyn

Politique européenne
Brexit / Westminster / Jeremy Corbyn

Brexit : la City redoute l'arrivée de Corbyn comme Premier ministre

Le report de six mois du Brexit a renforcé la probabilité d'élections anticipées. À Londres, le milieu financier s'inquiète qu'un tel scrutin ne permette l'accession du leader travailliste au poste de Premier ministre.
Jeremy Corbyn et Michel Barnier
Jeremy Corbyn et Michel Barnier

L'annonce d'un nouveau report du Brexit, jusqu’à fin octobre prochain est certes un soulagement pour les entreprises du Royaume-Uni, dont une grande partie n'était pas prête à sortir dès ce printemps. Mais ce délai a augmenté du même coup les scénarios politiques possibles ces six prochains mois pour la Grande-Bretagne. Parmi lesquels l'organisation de nouvelles élections à Westminster figure en bonne place.

Certes, pour l'instant les tractations entre Theresa May et le leader travailliste Jeremy Corbyn se poursuivent, dans l'espoir d'aboutir à un compromis qui permette in fine de faire ratifier l'accord de novembre 2018 au Parlement. Mais la probabilité qu'un deal entre les deux partis émerge est de plus en plus faible, alors que le Labour défend toujours le principe d'une union douanière. Option à laquelle la Première ministre n'est pas favorable. En cas d'échec des tractations avec les travaillistes, le pouvoir retournerait aux mains des députés : la Première ministre s'est engagée à suivre la solution qui émergera de Westminster si elle ne trouve pas de deal avec l'opposition. Une nouvelle série de votes indicatifs serait dans ce cas organisée au Parlement, pour permettre aux députés de se prononcer sur une solution alternative.

Ce qui est loin d'être gagné, tant le Parlement est divisé. Si aucune option n'est trouvée à Westminster, la tenue de nouvelles élections serait sans doute l'unique façon de sortir du blocage politique actuel. Et la nouvelle deadline pour le Brexit le permettrait. Or, vu l'échec des conservateurs à trouver une solution unifiée au Brexit et vu les divisions criantes au sein du parti, de plus en plus de financiers de la City redoutent une victoire de la gauche. Car une victoire des travaillistes signifierait potentiellement l'arrivée de Jeremy Corbyn. Et le programme économique de ce dernier fait trembler le milieu financier de Londres, selon le site Financial News. "Corbyn et John McDonnell, le chancelier fantôme, ont clairement exprimé leur intention d'augmenter l'impôt sur le revenu des personnes les plus riches du pays et d'augmenter de près d'un tiers l'impôt des sociétés", explique le site d'informations économiques.

Et selon des informations qui circulent à la City, les hauts dirigeants du parti de gauche auraient aussi récemment demandé aux hauts fonctionnaires du Trésor d'examiner les implications de l'imposition d'un impôt sur la fortune de 20 %, dès le premier jour de l'arrivée au pouvoir des travaillistes. En cas de victoire des travaillistes, les Londoniens les plus riches pourraient retirer plus de mille milliards de livres du pays, selon les estimations de Financial News. La formation d'un gouvernement Labour entraînerait par ailleurs une forte chute du marché boursier britannique et de l'immobilier londonien, dans une moindre mesure.

Quelles sont les probabilités de l'arrivée au pouvoir de Jeremy Corbyn ? Selon le site de paris en ligne PaddyPower c'est au mois de juillet prochain que la probabilité du départ de Theresa May est la plus élevée (31 %). Rappelons que la Première ministre s'est engagée à quitter son poste dès qu'un deal sera trouvé à Westminster. Mais elle pourrait être poussée vers la sortie avant, si les députés décident de la tenue de nouvelles élections, et alors qu'elle a toujours clamé qu'elle ne resterait pas au pouvoir si le Brexit était reporté.

Si des élections générales ont lieu, les joueurs en ligne estiment en tout cas que le remplacement de Theresa May par Jeremy Corbyn est plus probable qu'un scénario Boris Johnson ou Michael Gove. Sur le site William Hill, le leader travailliste obtient une cote de 7/2, contre 9/2 pour Boris Johnson. Ce qui signifie qu'un parieur misant deux sur le leader travailliste obtiendrait 7 en retour si ce dernier est élu, et 9 en retour si l'ex-maire de Londres est élu. Plus le gain est important, plus le pari est considéré comme risqué et la probabilité faible. La cote de Michael Gove est de 6/1(ou 12/2). Pour le moment donc, les parieurs en ligne sont plus confiants dans une victoire des travaillistes que des conservateurs, en cas d'élections anticipées... Au désespoir de la City !

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article