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Politique européenne / Bruno Le Maire / France / Allemagne

Politique européenne
Bruno Le Maire / France / Allemagne

La France et l'Allemagne vivent l'amour au grand jour

En Europe, les alliances se réaffirment sur fond de Brexit. Le tandem historique franco-allemand multiplie les déclarations, pendant que La Haye "clarifie ses intentions" à Bercy.
Angela Merkel - Emmanuel Macron - France - Allemagne
Angela Merkel - Emmanuel Macron - France - Allemagne

Le 22 janvier dernier, l’Allemagne et la France ont célébré le 56e anniversaire du traité de l’Élysée, signé par le Chancelier Konrad Adenauer et le Général de Gaulle pour sceller officiellement la réconciliation entre les deux pays. À l’époque, ses signataires soulignaient dans une déclaration conjointe qu’un “renforcement de la coopération entre les deux pays constitu[ait] une étape indispensable sur la voie d’une Europe unie, qui est le but des deux peuples”.

À vingt-huit jours de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, il faut dire que l’objectif n’est pas tout à fait atteint. À défaut d’une Europe solide et solidaire, les deux pays ont du moins formé un tandem, établissant chaque fois un peu plus les bases d’une feuille de route commune. Reçue à l’Élysée mercredi par le Président Emmanuel Macron, la Chancelière Angela Merkel a réaffirmé à plusieurs reprises l’importance du moteur franco-allemand en Europe, et déclaré vouloir “mettre en avant la politique industrielle” en vue du Conseil européen des 21 et 22 mars.

L’échec récent de la synergie Alstom-Siemens n’a pas démonté les deux pays qui viennent de lancer un “Airbus des batteries électriques”, pour armer l’Europe face à la concurrence de pays comme la Chine et pour un montant total des investissements de 20 milliards d’euros. Parmi les 25 autres États membres, seule la Pologne pourrait se joindre au projet, et peut-être l’Espagne.

Le duo ne se cache pas de sa position centrale, la Chancelière profitant de sa venue pour rappeler que l’Union européenne est en capacité d’agir “quand la France et l’Allemagne présentent des vues communes”. Enregistrée à la présidence de l’Assemblée nationale française la semaine dernière, la proposition de résolution relative à la coopération parlementaire franco-allemande veut “favoriser la convergence du droit en vigueur dans les deux pays” en créant “un cadre de travail commun aux deux assemblées en instaurant une assemblée parlementaire franco-allemande de cent membres”. Les bases d'une telle alliance sont toujours en construction, mais bientôt, les ministres pourront assister au conseil des ministres de l'autre pays.

Lundi dernier, Mounir Mahjoubi s’est rendu à Berlin pour avancer cette fois sur l’agenda numérique européen. À l’issue de la rencontre, le secrétaire d’État au numérique français a déclaré : “Avec l’Allemagne, nous partageons une ambition résolue pour bâtir un modèle européen crédible, entre le laisser-faire californien et l’autoritarisme chinois. Nous partageons avec nos partenaires allemands le souci de l’équilibre entre la performance et la nécessité d’une innovation au service de l’humain.” Auxquelles s’ajoutent les récentes déclarations de part et d’autre sur une politique industrielle commune, la défense et la politique de concurrence de l’Union européenne.

La force du duo franco-allemand n’est pas récente, mais l’échiquier européen se réaffirme intensément sur fonds de Brexit. Et les Pays-Bas, qui ont annoncé avoir achevé leur opération de rachat de parts d’Air-France KLM et en détenir 14 %, luttent tant bien que mal pour trouver leur place sur ce terrain géopolitique en mouvance. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire recevait d’ailleurs ce matin à 8 heures son homologue néerlandais Wopke Hoekstra, après que La Haye a été appelée à "clarifier ses intentions" par Emmanuel Macron. Ils ont convenu de mettre en place un nouveau groupe de travail pour "renforcer la coopération entre la France et les Pays-Bas avec comme objectifs le bonne gouvernance du groupe Air France-KLM". 

 

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