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Fonds d'investissements / Fonds souverain norvégien / Total / pétrole

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Fonds souverain norvégien / Total / pétrole

Le fonds norvégien va sortir des pétrolières, mais pas de Total !

Le ministère des Finances norvégien a décidé que le fonds souverain se retirera des sociétés dites "d'exploration et de production pétrolière", afin de réduire son exposition à l'or noir. Mais ni Total dont le fonds détient plus de 2 %, ni Royal Dutch Shell ne font partie des entreprises visées !
Fonds souverain norvégien
Fonds souverain norvégien

Le verdict du gouvernement norvégien sur la politique d'investissement du fonds souverain dans les sociétés pétrolières est tombé : selon un communiqué publié sur le site du ministère des Finances nordique, le gouvernement devrait proposer aux députés que le fonds se désengage de toutes les sociétés d'exploration et de production pétrolière dans lesquelles il est investi. Il y a un an peu plus d'un an, en novembre 2017, le Norges Investment Management (NIM), la structure chargée de conseiller le ministère des Finances norvégien sur la gestion du fonds souverain du pays, avait envoyé un courrier au ministère lui recommandant d'abandonner ses investissements dans les entreprises du secteur pétrolier et gazier, qui représentent pourtant parmi ses plus grosses participations. Le gouvernement s'était alors engagé à fournir une réponse dans les 24 mois suivants, et beaucoup estimaient qu'elle serait négative.

Finalement, les autorités norvégiennes ont donc tranché dans le même sens que le NIM. "Le gouvernement souhaiterait que toutes les entreprises classifiées comme 'exploratrices et productrices de pétrole' par le fournisseur d'indices FTSE ne fassent plus partie de son indice de référence", a ainsi déclaré le ministère des Finances. Ce dont le gouverneur adjoint du fonds souverain, Egil Matsen, s'est félicité : "Le gouvernement a suivi notre recommandation de 2017. En nous retirant de ce type d'entreprises, nous réduisons la vulnérabilité du fonds à l'égard d'une baisse permanente des prix de l'or noir". C'est également le principal argument cité par le ministère des Finances pour justifier sa décision, à savoir la diversification de ses avoirs, ses propres ressources financières étant entièrement issues de la manne pétrolière de ses fonds marins. Le fonds avait beaucoup souffert de la chute de l'or noir en 2015 et affiché cette année encore un rendement négatif, -6,1 % cependant plutôt lié à la volatilité des marchés.

Autre élément mis en valeur par le ministère, le changement climatique et la nécessité pour le fonds d'investir davantage dans les énergies renouvelables. "Le risque climatique est un important facteur de risque financier pour le fonds et aura à terme un impact de plus en plus fort sur les sociétés dans lesquelles le GPF est investi. Le ministère va demander au fonds de passer en revue ses efforts dans ce domaine, avec pour objectif de renforcer ses placements dans les entreprises ayant un impact positif sur l'environnement", peut-on ainsi lire sur le site du ministère des Finances.

Le désengagement des pétrolières du fonds norvégien, premier investisseur souverain au monde pour une valeur de 939 milliards de dollars, représente un véritable tournant dans sa politique de gestion. Selon le GPF, le fonds était investi à hauteur de 7,5 milliards de dollars environ dans des entreprises classifiées comme exploratrices et productrices de pétrole à la fin 2018. Ce qui représente tout de même 1,2 % de ses actifs en actions.

Une petite subtilité cependant de la part du ministère des Finances devrait permettre au fonds de conserver ses positions dans tous les majors pétroliers (Royal Dutch Shell, dont il détient pour près de 6 milliards de dollars, BP pour 2,92 milliards, Exxon Mobil pour 2,69 milliards ou côté français Total pour 2,86 milliards). L'exclusion du portefeuille ne concernera bien que les entreprises considérées comme réalisant des activités d'exploration et de production par le FTSE (sous catégorie 0533 de la classification oil and gas), ce qui ne comprend pas celles qui réalisent également la vente des produits pétroliers (sous catégorie 0537). Le ministère a ainsi publié la liste détaillée des entreprises qui seront exclues de son portefeuille : et côté français, ni CGG (dont le fonds détient 2,16 %), ni Bourbon (2,31 %), ni Total (dont le fonds est le troisième actionnaire) ne seront concernées. Ainsi, le fonds ne devrait finalement se retirer que des Établissements Maurel et Prom, dont il détenait à fin décembre pour 0,18 % pour une valeur de 1,34 million de dollars environ.

L'argument climatique et même celui de la dépendance à l'or noir sont donc finalement assez légers au regard de ce que représentent les placements du fonds dans les quatre grands majors pétroliers, qui font tous partie des vingt premières plus importantes positions du GPF.

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