Macro-économie / Taux / Allemagne / fiscalité / Angela Merkel
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Allemagne / fiscalité / Angela Merkel
L'Allemagne ne va vraiment pas bien
"L'institut Ifo a drastiquement réduit ses prévisions de croissance pour l'économie allemande", prévient le Spiegel. "Les experts ont divisé par deux les données et comptent désormais, pour l'année en cours, avec une croissance économique seulement de 0,6%", contre les 1,1% précédemment évoqués. La faiblesse de la croissance du PIB allemand reposerait selon l'Ifo sur des difficultés pour l'industrie qui sera en 2019 "un plus faible moteur de croissance", affirme Timo Wollmershäuser, membre de l'Institut. "La demande internationale en produits allemands serait faible selon lui, car la conjoncture internationale continue à perdre de la dynamique", précise le Spiegel. Reste à l'Allemagne sa demande intérieure, qui devrait demeurer inchangée. L'hebdomadaire ajoute que "l'Institut allemand de recherche économique (DIW) compte également sur une faille temporaire. Il a abaissé aussi ses prévisions de croissance du PIB pour cette année, passant de 1,6 à 1% mais il compte cependant sur un taux presque deux fois plus important en 2020, à 1,8%".
"La GroKo continue à perdre de l'approbation", prévient le Handelsblatt, s'appuyant sur les résultats d'un sondage de la chaîne de télévision allemande ARD. "La plupart des électeurs allemands ne voient pas de chemin commun au sein de la grande coalition. Les différences sont trop grandes", explique le site du quotidien. Selon 70% des personnes interrogées, les partis de la coalition sont "divisés" et "n'ont pas de stratégie commune", précise le sondage, un an après la mise en place de l'alliance gouvernementale menée par la chancelière Angela Merkel. Ils ne sont que 28% à estimer qu' "après des difficultés au démarrage, la coalition a trouvé des modalités de travail". Au total, seuls 30% des personnes interrogées sont satisfaites ou très satisfaites du travail du gouvernement. "Un point de moins que le mois précédent", rappelle le Handelsblatt. Quoi qu'il en soit, 48% des sondés se disent plus proches des idées de la CDU contre 16% de celles du SPD et 14% de celles de la CSU.
Pendant ce temps-là, l'Allemagne s'interroge sur l'impôt sur les sociétés, rapporte notamment le Handelsblatt qui explique que "le poids fiscal devient un risque de localisation pour l'Allemagne". "Les économistes et le monde économique en Allemagne réclament une réforme fiscale. La coalition est paralysée sur le sujet. Comme on peut le voir notamment sur la taxe foncière", explique le quotidien. Il rappelle : "les États-Unis l'ont déjà fait, l'Italie aussi, la Grande-Bretagne le fera l'an prochain, la France et les Pays-Bas le prévoient aussi : une diminution nette des taxes pour les entrepreneurs". Alors que pour les pays de l'OCDE, l'imposition moyenne pour les entreprises en 2020 sera de 23,4%, en Allemagne de 31%. "La conjoncture allemande s'essouffle, la concurrence internationale devient plus vive. L'Allemagne est devenue le pays le plus taxé. C'est un risque considérable pour la localisation. La politique doit agir rapidement", a déclaré le président de la BDI, Dieter Kempf, au Handelsblatt. "Un allègement de l'impôt sur les sociétés est attendu", confirme Eric Schweitzer, le président du DIHK. Problème : la coalition peine à s'accorder sur le sujet.
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