Evenements / Carlos Ghosn / Renault-Nissan / Jean-Dominique Senard
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Carlos Ghosn / Renault-Nissan / Jean-Dominique Senard
Tous les administrateurs de Renault doivent démissionner... sauf Senard
Le feuilleton Carlos Ghosn continue et va encore continuer quelque temps. Interview à LCI et TF1 alors qu’il était privé d’internet. Enregistrement d’une déclaration contenant les noms de ceux qui l’auraient trahi mais qui auraient aussi, comme lui, mis la main dans le pot de confiture. Fuite de son épouse du Japon que le parquet souhaitait interpeller puisqu’elle est mandataire d’une société qui a récupéré des fonds versés par Nissan à un concessionnaire d’Oman avant que lui-même en rétrocède une bonne partie. Bon courage à tous ceux qui vont suivre ce feuilleton, devenu glauque, jusqu’au bout.
Carlos Ghosn a droit à la présomption d’innocence. Mais tant le parquet de Tokyo que celui de Nanterre disposent aujourd’hui d’éléments à charge qui témoignent de la cupidité de l’ex-patron de Renault-Nissan, et par ailleurs de son goût pour les cachotteries. Si bien que ceux qui étaient là pour le surveiller chez Nissan comme chez Renault, n’ont pas fait leur travail. Non pas qu’ils en aient été empêchés. Ils auraient pu missionner un audit comme celui qui vient d’avoir lieu. Mais par lâcheté. Par admiration pour l’industriel Ghosn. Et par oubli de leur mandat social visant à diriger l’entreprise dans le seul intérêt des actionnaires.
Un seul administrateur n’est pas concerné par tout cela. C’est Jean-Dominique Senard bien sûr, qui vient de se faire attribuer – à l’unanimité – une rémunération fixe de 450 000 euros par an, tandis que le directeur général exécutif Thierry Bolloré percevra une rémunération fixe de 900 000 euros. Rappelons qu’en 2017, Carlos Ghosn a perçu une rémunération de 7,25 millions d'euros approuvée à l’unanimité des administrateurs qui sont toujours autour de la table du conseil.
Mais le pire c’est qu’en 2016, les actionnaires de Renault avaient émis en assemblée générale, un avis défavorable sur la rémunération de Carlos Ghosn. À cette époque-là l’avis n’avait rien de contraignant, alors que maintenant les actionnaires doivent approuver formellement les rémunérations en assemblée générale ordinaire. Cela avait fait tellement de bruit qu’Emmanuel Macron, alors Ministre de l’Économie, avait été interpellé à la tribune de l’Assemblée Nationale. Le conseil d’administration composé d’alors, composé pour plus de la moitié d’administrateurs encore en fonction avait décidé de se moquer de l’avis des actionnaires et avait approuvé à l’unanimité le salaire délirant de Renault. Comme quoi les poissons pourrissent toujours par la tête.
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