Fusions, Acquisitions / Fiat-Chrysler / Renault-Nissan / John Elkann / Jean-Dominique Senard
Fusions, Acquisitions
Fiat-Chrysler / Renault-Nissan / John Elkann / Jean-Dominique Senard
Les Agnelli ont trouvé une belle porte de sortie avec Renault
C’est bien Fiat-Chrysler qui est à la manœuvre dans le projet visant à faire une fusion entre égaux avec Renault et à créer ainsi le leader mondial de l’automobile. Selon les informations publiées ce matin par la Lettre de l’Expansion, les deux groupes auraient déjà été en discussions approfondies au début de l’année, notamment sur le projet du véhicule du futur, à la fois écologique et connecté. Et les discussions se passant bien, John Elkann, le petit-fils de Giovanni Agnelli qui gère, à travers la holding luxembourgeoise Exor, la participation de la famille dans Fiat-Chrysler, aurait poussé plus loin les discussions, dans le sens d’un rapprochement capitalistique.
Le problème, c’est qu’à ce moment-là – on était en février et mars – Renault était en pleine affaire Ghosn, et surtout en plein changement de gouvernance. Difficile pour Jean-Dominique Senard, à peine intronisé à la présidence non exécutive de Renault de se lancer dans un tel chambardement, aussi précieux soit-il. De fait, les Agnelli ont immédiatement été frapper à la porte de PSA-Peugeot-Citroën, groupe qu’ils connaissent bien et avec lequel ils ont établi des coopérations ponctuelles, notamment dans le domaine des petits véhicules utilitaires. Les discussions progressaient bien jusqu’à ce qu’elles s’arrêtent net il y a trois semaines, sans doute sur un sujet de valorisation ou de gouvernance.
John Elkann, qui n’a pas cessé d’être à la manœuvre, a alors incité les dirigeants de Fiat-Chrysler à retourner voir ceux de Renault. Dans un climat plus apaisé. Avec un Nissan désormais moins méfiant au point d’accueillir à son conseil Thierry Bolloré, le directeur général de Renault et un Jean-Dominique Senard plus à l’aise pour expliquer, le cas échéant aux pouvoirs publics, le bien-fondé d’une telle fusion.
On saura avant la fin de la journée quels sont les termes d’un éventuel rapprochement. S’il intervient ce sera un soulagement pour la famille Agnelli. Depuis la mort de Sergio Marchionne, l’homme du redressement de Fiat et du rachat de Chrysler, John Elkann ne cachait pas son inquiétude sur le poids de l’automobile dans le patrimoine familial, à un moment où ce secteur d’activité est confronté aux enjeux de l’écologie, de la voiture connectée et autonome, et de la mondialisation à outrance. Tout cela dans un contexte politique italien de plus en plus hostile à la mondialisation.
Si l’opération se fait, elle constituera donc un très beau deal industriel. Mais surtout une très belle opération patrimoniale pour les Agnelli et pour Exor, dont le cours progresse de 6 % ce matin. Le seul aléa repose sur les difficultés politiques apparues entre la France et l’Italie, à la suite des déclarations d’Emmanuel Macron sur la politique menée par le gouvernement en place. Le groupe Vivendi a déjà éprouvé de telles difficultés dans son rapprochement avec Telecom Italia. Il serait dommage qu’un aussi beau projet de mariage soit gêné par des aigreurs politiciennes.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

