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Exor investit dans un concurrent d’Uber
Si la famille Agnelli a des sujets encore brûlants sur la table, comme l’avenir de la fusion entre PSA et Fiat-Chrysler ou encore de sa vente du réassureur PartnerRe à Covéa, cela n’a pas empêché le groupe de continuer à allouer ses capitaux aux projets auxquels il croît. Aujourd’hui, en pleine crise mondiale du coronavirus, Exor – la holding de la famille italienne – a mené le tour de table du groupe de voitures partagées américain Via. Dans le détail, Exor va investir 200 millions de dollars auquel se sont joints Shell, Macquarie Capital et le japonais Mori Building, pour une levée de fonds totale de 400 millions de dollars, valorisant le groupe à 2,25 milliards de dollars.
Créé en 2012 à New York, Via se spécialise sur les trajets partagés en voiture, alors que ses très grands concurrents Uber et Lyft sont montés en puissance sur les trajets individuels à la demande, et opère dans 20 pays dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l’Allemagne, le Canada, Israël, Singapour, le Japon, l’Indonésie etc. Le groupe connaît une croissance exponentielle : lors de son dernier tour de table emmené par l’allemand Daimler en 2017, il avait levé 250 millions de dollars à une valorisation "pre-money" de près de 500 millions de dollars. Daimler a également investi dans la joint-venture européenne que Via a créée avec Mercedes-Benz pour se lancer sur le Vieux Continent.
Si Via n’est pas encore disponible en France ni en Italie, Exor a rapidement compris le potentiel de ce type de service, qui demande à ses utilisateurs de se rendre à un carrefour à proche distance pour optimiser sa route. Surtout, le groupe "spécialisé dans l'optimisation dynamique, basée sur des données, des systèmes de mobilité publique dans les villes du monde entier", formule une offre qui remplit trois critères cruciaux : un prix raisonnable, une grande flexibilité et une optimisation du trafic dans un but environnemental. "Dans ces moments particulièrement difficiles, il est plus important que jamais de travailler sur un futur innovant et durable", a commenté John Elkann, patron d’Exor, lors de cette annonce.
Ironie de l’histoire, Exor n’aura donc pas attendu la finalisation de la naissance du quatrième constructeur automobile mondial, une question particulièrement épineuse à un moment où les ventes des constructeurs automobiles sont réduites à néant. Mais aussi de la cession de PartnerRe - qui ensemble doivent lui rapporter 11 milliards de dollars - pour miser sur une alternative perenne et écologique à la voiture individuelle en ville. Sur les marchés en tout cas, la fusion de Peugeot et Fiat-Chrysler semble avoir du plomb dans l’aile, les actionnaires ne pouvant guère plus compter sur l’utilisation de la trésorerie pour leur verser un dividende, comme annoncé. Plutôt que de ronger son frein, John Elkann a choisi l’action, en particulier celle de rallier un concurrent plus fiable, plus vert et surtout moins mégalo qu’Uber.
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