WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
salvini ligue du nord mouvement cinq etoiles endettement commission européenne

Politique économique / Italie / commission européenne / Taux-dette souveraine

Politique économique
Italie / commission européenne / Taux-dette souveraine

Dette publique : l'Italie de nouveau sur la sellette 

Le pays est le seul de la zone euro, avec la Grèce, dont le niveau de dette a augmenté l'an dernier, alors qu'il est le plus endetté de tous, selon des données publiées par Eurostat. La Commission pourrait sévir et faire tomber la coalition, déjà empêtrée dans une affaire de corruption. 
Rome - Italie - illustration
Rome - Italie - illustration

Cela faisait longtemps que la politique dépensière de la coalition populiste italienne n'avait plus fait parler d'elle. Il y a un an pourtant, le marché de la dette du pays avait connu de sérieuses turbulences, après l'arrivée au pouvoir du parti d'extrême gauche Cinq Étoiles et de celui d'extrême droite La Ligue du Nord. Les deux formations avaient effectivement annoncé un programme budgétaire jugé beaucoup trop dispendieux par les marchés et la Commission européenne, puisqu'ils prévoyaient alors d'instaurer une "flat tax" et un revenu universel. Ce qui aurait coûté plus de 67 milliards d'euros au pays, et fait exploser le déficit à 6,2 % du PIB.

Après des mois de bataille entre Bruxelles et le gouvernement Salvini, l'Italie avait finalement accepté de revoir sa copie fin décembre, et de ne pas dépasser 2,04 % de déficit pour cette année, contre 2,4 % initialement annoncé, après que celui-ci a atteint 1,8 % seulement en 2018. Du coup, le rendement des titres italiens qui avaient grimpé jusqu'à 3,6 % au plus fort des tensions avec Bruxelles fin novembre, avaient depuis reflué à 2,4 % fin mars. 

Mais les taux italiens sont de nouveau sous tension depuis une petite dizaine de jours (ils se traitaient aujourd'hui autour de 2,67 % selon Investing.com) en raison d'un contexte politique tendu et de nouveaux chiffres dévoilés par Eurostat sur l'endettement du pays. Côté politique tout d'abord, la coalition au pouvoir est de plus en plus fragilisée, après que le Mouvement Cinq Étoiles est monté au créneau pour dénoncer les pratiques de la Ligue, dont l'un des responsables est accusé de corruption. Le tout alors que le gouvernement devait voter aujourd'hui le "décret croissance" censé favoriser la reprise économique. Ce vote a été repoussé plusieurs fois en raison du manque de consensus entre les deux partis au pouvoir, soulignant une fois de plus la fragilité de la coalition.

Le texte ne devrait par ailleurs pas réjouir la Commission européenne, puisqu'il prévoit un allégement de la fiscalité des entreprises et des incitations à l'investissement. Soit des mesures coûteuses qui ne risquent d'aggraver l'état financier du pays. Hier, Eurostat a ainsi dévoilé que l'Italie étai le seul pays de la zone euro avec la Grèce, dont l'endettement avait progressé l'an dernier, passant de 131,4 % du PIB à 132,2 % du PIB en 2018. Or, lorsque Bruxelles avait finalement accordé la clémence au pays en décembre dernier, elle tablait à l'époque sur un niveau de dette de 131,1 % pour 2018. Elle pourrait donc de nouveau hausser le ton en juin, une fois qu'elle disposera des données définitives d'Eurostat, de la copie budgétaire révisée de l'Italie (qui doit être envoyée d'ici la fin du mois) et d'un éventuel changement politique à la tête du pays. Beaucoup de facteurs qui risquent de faire grimper les rendements souverains italiens dans les prochaines semaines. Surtout si S&P décide de dégrader la note italienne ce vendredi...

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article