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Evenements / Apple / Sur les marchés / Guerre commerciale / Cour Suprême / tarif douanier

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Pourquoi Apple a perdu 52 milliards de dollars en une séance

Les ennuis s’accumulent pour la firme à la Pomme : les États-Unis ont durci le ton avec la Chine, dont elle tire 18 % de ses revenus, et la Cour Suprême a autorisé les actions en justice contre l’AppStore. De quoi remettre en cause le modèle de ses services et lui coûter beaucoup d'argent.
Apple
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Si le S&P 500 a reculé de plus de 2,4 % lundi, c’est bien sûr en raison du regain de tensions entre les États-Unis et la Chine, mais aussi de la déconfiture de la plus grosse capitalisation boursière mondiale, Apple, qui a perdu 5,8 % soit 52,5 milliards de dollars en une seule séance… Deux facteurs ont précipité la chute de la firme dirigée par Tim Cook : le contexte de guerre commerciale d’une part bien sûr, dans la mesure où le groupe tire 18 % de ses revenus du pays. Apple a même perdu 12,4 % en six séances, soit un gouffre de près de 120 milliards de dollars, depuis que Donald Trump a brusquement décidé de relever les tarifs douaniers en place. Mais a aussi menacé de telles barrières pour 325 milliards de dollars d’importations supplémentaires, qui affecteront directement les consommateurs US.

Apple n’est bien sûr pas la seule entreprise américaine opérant avec la Chine à avoir été sanctionnée. Intel, qui dégage 25 % de ses ventes en Chine selon FactSet, a même dévissé de 13,4 % en 10 jours. Il est suivi par Boeing, qui génère 13 % de ses revenus en Chine et connaît encore de gros problèmes avec son Boeing 737 MAX (-10,3 %) et Caterpillar, dont 5 % de l’activité vient de l’Empire du Milieu (-9,7 %). Au total, ce n’est pas moins 1.100 milliards de dollars de capitalisation boursière qui sont partis en fumée sur cette période. Et les stratégistes anticipent désormais la poursuite de cette correction, le temps que les investisseurs calculent les impacts de ces tarifs et le coût des représailles sur les profits des entreprises et les économies concernées.

Mais par rapport à ses confrères cotés, Apple a subi une autre déconvenue ce lundi : la Cour Suprême a rendu un jugement dans lequel elle a autorisé une class action visant à remettre en cause le monopole de l’AppStore sur l’achat d’applications. La firme de Cupertino facture en général 30 % des applications qu’elle vend, et 15 % des abonnements vendus via l’AppStore après la première année. Cette décision a été prise à la majorité de 5 juges contre 4, le texte d’opinion ayant été écrit par le nouveau juge dont la nomination a été houleuse, Brett Kavanaugh : "si elle est acceptée, la théorie d’Apple donnerait une feuille de route pour les retailers monopolistiques, qui pourront structurer des transactions avec des fabricants et fournisseurs afin d’échapper aux actions antitrust des consommateurs et ainsi déjouer une exécution effective de l’antitrust", a-t-il prévenu.

Fidèle à son mandat, la Cour Suprême a tranché sur la forme et n’a pas répondu au bien-fondé de la demande sur le fond. Mais si cette action venait à aboutir, elle remettrait en cause le modèle de vente des applications instauré par Apple et le rendrait responsable de millions de dollars de dommages envers ses clients. Un risque majeur, dans la mesure où les ventes sur l’AppStore représentent 35 % de son activité de services, qui est elle-même présentée comme un relais précieux de croissance face à la chute des ventes d’iPhone. La division de services a ainsi vu ses revenus grimper de 30 % l’an passé, à près de 40 milliards de dollars.

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