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Le risque de défaut de l'Italie augmente à l'approche des élections européennes
S'il est évident que le scrutin des élections européennes n’aura pas d’effet à court terme en Italie tant son économie patine, cela n’empêche pas les marchés de réagir et de se protéger.
Le spread Allemagne-Italie avait déjà atteint il y a une semaine un plus haut de six mois après que le vice-président du Conseil, Matteo Salvini, a affirmé que "réduire les impôts à partir de 2019 est crucial", même si cela devait entraîner un déficit budgétaire au-delà des 3 % du produit intérieur brut. Cette fois c’est au tour des credit default swap (CDS) de s’emballer. Si les investisseurs semblent garder leur portefeuille obligataire inchangé sur les obligations italiennes, ils accroissent, en revanche, leur assurance sur la dette en contractant des credit default swap. Ces derniers sont en hausse de 2,21 % cette semaine par rapport à la précédente, et augmentent de 9,82 % sur un mois. Ce qui montre leur fébrilité sur le dossier italien.
Il faut dire que les peurs ne viennent pas de nulle part, car l’économie italienne est en dérive. Les prévisions de la Commission européenne sont sombres : elle table sur un déficit budgétaire de 2,5 % en 2019, avant de grimper à 3,5 % en 2020. Si la capitale romaine assure que l’injection d’argent public relancera l’activité du pays, la Commission ne l’entend pas de cette oreille puisque cette dernière a abaissé de moitié les prévisions de croissance italienne en 2019 (0,1 % contre 0,2 %), et prévoit seulement 0,7 % à l’horizon 2020.
Par ailleurs, l’absence de croissance aura des considérables sur l’ensemble des indicateurs macro-économiques du pays : le ratio dette publique sur PIB devrait atteindre 133,7 % cette année puis 135,2 % en 2020, et quant au taux de chômage, il devrait remonter de 0,4 point pour s’établir à 11 %. De plus, l’Italie sera probablement le seul pays de la zone euro à connaître un recul de son taux d’emploi de 0,1 % couplé d’un infléchissement de l’investissement de 0,3 % en 2019.
Les choix gouvernementaux ne font pas consensus dans le pays, le patronat italien est l’un des premiers à s’insurger contre les décisions prises. En témoigne le discours du 22 mai dernier de Vincenzo Boccia qui dirigeait pour la dernière fois l’assemblée annuelle des industriels de Confindustria, le Medef italien. Selon lui, la mission est claire, le gouvernement doit réduire la dette et le déficit et pour cela, "il n’y aura pas de solution indolore" déclarait-il. Il a également laissé transparaître une lueur d’espoir à travers un message très pragmatique : "il faut arrêter de se diviser sur des promesses qui ne peuvent être tenues et se concentrer sur ce qui reste à faire".
Une chose est certaine : le résultat des élections européennes agitera très certainement les marchés financiers concernant le cas italien.
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