WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Entreprises / Actions / Deutsche Bank / Tier 2 / CDS / credit default swaps / Olaf Scholz

Entreprises / Actions
Deutsche Bank / Tier 2 / CDS / credit default swaps / Olaf Scholz

krach La Deutsche Bank n’est pas le Credit Suisse / La restructuration de sa banque d’investissement a déjà porté ses fruits

KRACH BANCAIRE. La panique bancaire a rattrapé Deutsche Bank. Le premier établissement bancaire allemand n’a cependant plus grand-chose à voir avec la banque qui inquiétait l’Europe il y a encore moins de quatre ans. En rachetant pour 1,5 milliard de dollars de sa dette Tier 2, le groupe montre aussi sa capacité à mobiliser ses liquidités pour rembourser ses dettes si besoin.
Après Credit Suisse, les marchés s'interrogent sur la solidité de la Deutsche Bank - Alexander Pohl/ZUMA-REA/ZUMA-REA
Après Credit Suisse, les marchés s'interrogent sur la solidité de la Deutsche Bank - Alexander Pohl/ZUMA-REA/ZUMA-REA

Les vases communicants communiquent. Il ne fait pas bon être considéré comme un maillon faible lorsque les craintes sur la santé des établissements financiers se diffusent. Après le sauvetage en urgence de la deuxième banque suisse opéré il y a une semaine, la dimension systémique du risque continue à progresser.

Deutsche Bank se trouve à son tour depuis vendredi au cœur d’une tempête. La première banque de la première économie de la zone Euro a vu ses CDS ("Credit Default Swaps") - fameux instruments rendus célèbres par la crise financière de 2008, qui offrent une couverture contre le risque de défaut d’un émetteur – à 5 ans bondir à 200 points de base en fin de semaine. Cela reste loin des plus de 1200 points de base atteints le 15 mars par les CDS de Credit Suisse, quelques jours avant l’annonce de son rachat par UBS. Mais c’est aussi près du triple du niveau des CDS d’une banque sans histoire comme BNP Paribas par exemple.

Parallèlement à l’envolée du thermomètre des CDS, Deutsche Bank a vu son cours de Bourse perdre 8,5 % vendredi à Francfort, la chute ayant même frôlé les 15 % en cours de séance. Dans son sillage, toutes les valeurs bancaires européennes ont souffert, quoique dans une moindre mesure. A Paris, Société Générale a abandonné 6,1 %, BNP Paribas a cédé 5,3 %, Crédit Agricole limitant son repli à 2,1 %. UniCredit a perdu 4,1 % à Milan et BBVA 4,5 % à Madrid. A Zurich, UBS a terminé en baisse de 3,6 %.

 

L’ex-homme malade de la banque européenne

 

Pourquoi Deutsche Bank ? Les investisseurs – voire les spéculateurs - ont tout simplement de la mémoire. La première banque allemande a longtemps été considérée comme l’homme malade de la banque européenne. La faute à sa division de banque d’investissement, une activité qui a été au coeur de la stratégie de l’établissement dans un passé pas si lointain, occasionnant des excès et des scandales.

C’est en cela d’ailleurs, que Deutsche Bank peut ressembler à Credit Suisse. A la (grosse) différence toutefois que la première a mené avec succès un plan de restructuration drastique depuis trois ans et demi, qui l’a conduite à réduire la voilure dans la banque d’investissement et à se recentrer sur les services et la gestion de fortunes privées. Alors que la seconde s’engage seulement maintenant sur le même chemin à la suite de la présentation en novembre dernier de sa réorganisation stratégique.

De fait, quand Credit Suisse a essuyé une perte de 7,3 milliards de francs suisses (ou d’euros) l’an dernier, et prévoit une nouvelle perte " substantielle" en 2023, Deutsche Bank a dégagé en 2022 un bénéfice net de 5 milliards d’euros, le plus élevé depuis 2007. Sans aller jusqu’à dire, comme Olaf Scholz lors du sommet européen de vendredi, qu’il n’y a "pas lieu de s’inquiéter de quoi que ce soit ", le chancelier allemand est bien fondé à souligner que la Deutsche Bank a "fondamentalement modernisé et réorganisé son modèle économique".

 

Remboursement anticipé

 

"Nous n’avons aucune inquiétude quant à la viabilité de Deutsche Bank ou à la valeur de ses actifs. Pour être tout à fait clair, Deutsche Bank n’est PAS le prochain Credit Suisse", a affirmé pour sa part Stuart Graham, analyste de la société de recherche Autonomous Research, filiale d’AllianceBernstein.

Contrairement à son homologue suisse, Deutsche Bank n’est pas confronté - du moins pour l’instant - à une fuite de ses déposants. La base de ses dépôts est restée stable au cours des derniers trimestres.

En revanche, la nervosité des investisseurs a des répercussions sur ses coûts de financement. Et ce alors que le marché des obligations convertibles contingentes ou "CoCo" est fortement sous pression depuis la décision des autorités suisses d’annuler en totalité la valeur nominale des instruments de capital AT1 de Credit Suisse.

La banque allemande a annoncé vendredi le remboursement anticipé d’obligations Tier 2 d’échéance 2028 pour 1,5 milliards de dollars à 100 % de leur valeur nominale. Ces obligations sont celles qui, en cas de faillite, sont remboursées après les obligations ordinaires mais avant les AT1. L’annonce est intervenue alors que l’obligation se négociait à 94 % de son nominal, donc à des conditions a priori peu favorables pour une telle opération. La banque n’a pas donné de détail sur ses motivations, mais agir de la sorte a généralement pour effet de restaurer la confiance. La semaine qui débute permettra d’en juger.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article