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Guerre commerciale : Apple prend les devants
Si Donald Trump et Xi Jinping se sont entretenus par téléphone cette semaine et ont prévu de se rencontrer lors du prochain sommet du G20 au Japon à la fin du mois, les espoirs sont minces d’un règlement des désaccords commerciaux entre les deux pays. Et les grandes entreprises américaines concernées par les tarifs douaniers prennent les mesures qui s’imposent, à l’instar de la plus grande capitalisation boursière mondiale, Apple. Selon le Nikkei Asian Review, la firme a demandé à ses principaux fournisseurs d’évaluer le coût que représenterait le transfert de 15 % à 30 % de sa production hors de Chine, vers un autre pays d’Asie du Sud-Est. Cette décision a certes été accélérée par les tensions commerciales en cours, mais selon les sources proches de la société, elle est ferme et ce process aura lieu quel que soit l’épilogue entre les États-Unis et la Chine, notamment sur les prochains 300 milliards de dollars de tarifs douaniers.
Car pour Apple, les risques chinois ne sont pas conjoncturels mais bien structurels : un taux de naissance en baisse qui va impacter la force de production, des coûts plus élevés du travail et les dangers liés à la centralisation trop massive de sa production dans un seul pays. Bien sûr, tout cela prendra du temps, dans la mesure où le groupe dirigé par Tim Cook s’est appuyé sur les employés, mais aussi tout un écosystème de composants et de logistique sur place pour produire ses appareils au meilleur prix. "C’est un vrai effort de travail sur le long terme et nous pourrions voir des résultats d’ici deux à trois ans", indique ainsi une source proche d’Apple, expliquant que le groupe n’a pas trop le choix que de lancer ce vaste et complexe chantier.
Les chiffres sont éloquents : Apple emploie 10.000 personnes en Chine, et ce ne sont pas moins de 5 millions d’emplois qui dépendent de la société, dont plus de 1,8 million de développeurs Web et mobile, selon une étude disponible sur le site d’Apple - qui assemble plus de 90 % de ses produits dans l’Empire du Milieu. En interne, une équipe de plus de 30 personnes est donc aujourd’hui focalisée sur l’étude de l’allocation des capex et a pour mission de discuter des plans de production avec les sous-traitants, mais aussi négocier avec les gouvernements asiatiques pour obtenir des incitations financières s’il venait à s’implanter dans le pays. Foxconn, le principal assembleur de l’iPhone, s’est dit prêt à aider Apple dans cette entreprise de grande ampleur.
Selon les rumeurs, la firme envisage le Mexique, l’Inde, le Vietnam, l’Indonésie, la Malaisie, mais l’Inde et le Vietnam auraient déjà une longueur d’avance pour diversifier sa production au plan géographique. Certes, la transition ne se fera pas sans compromis, dans la mesure où la Chine avait adapté ses infrastructures et alloué de nombreux avantages à Apple pour y localiser la production. Après le choix d’un pays, la production pourrait prendre 18 mois à se mettre en place, calculent certains experts. Mais aujourd’hui, la fin justifie plus que jamais les moyens pour Apple.
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