Macro-économie / Taux / fiscalité / France / Production
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fiscalité / France / Production
La fiscalité plombe la compétitivité hexagonale
La France est pénalisée depuis longtemps par une fiscalité défavorable et les progrès récents ne l’améliorent qu’à la marge. Une récente étude de l’Institut économique Molinari (IEM) estime que le "caractère hors norme de la fiscalité française" rend ce phénomène structurel. Pour appuyer cette thèse est mis en avant la faible part des excédents nets d’exploitation dans la valeur ajoutée nette ; en 2019 avec un rapport de 16 % la France était près de 32 % moins rentable que la Grande-Bretagne ou 48 % moins rentable que les Pays Bas. La baisse des impôts a permis de légèrement résorber cet écart et en 2021 la France est désormais respectivement 28 % et 45 % moins rentable que le Royaume-Uni ou les Pays Bas.
Cette faiblesse structurelle se retrouve dans d’importants impôts de production qui contribuent à rendre l’Hexagone peu attractif. À la différence d’autres pays, les impôts de production français sont déconnectés des résultats des entreprises. Dans d’autres pays de la zone euro - l’Allemagne notamment - ils sont même fictivement négatifs tant la production est subventionnée. Si les récents efforts français sur les impôts de production et sur l’impôt sur les sociétés vont dans le bon sens, il reste aujourd’hui extrêmement coûteux de produire en France. À titre d’exemple, une entreprise moyenne en France devrait "s’acquitter en 2022 de 148 € de prélèvements obligatoires nets de subvention pour 100 € d’excédents nets". Ce qui est néanmoins une avancée comparée aux 168 euros qu’elle aurait dû dépenser trois ans auparavant. L’IEM qualifie cette fiscalité comme une "exception française".
L’important poids des prélèvements obligatoires dans le salaire peut également être ajouté aux problèmes structurels français. Couplé à un coût de la production française élevée, cela contribue à rendre la France moins attractive que nombre de ses voisins européens. Une étude d’EY sur les investissements étrangers montre qu’en conséquence qu’uniquement 34 emplois sont créer en moyenne par projet d’investissement en France. Un chiffre bien deçà des 135 enregistrés en Espagne ou des 48 relevés en Allemagne.
L’important déficit de la balance commerciale française y trouve une partie de sa source. Ces mêmes causes font que l'emploi frontalier est "asymétrique" pour la France. Les résidents de l'Hexagone "vont chercher hors de France 22 milliards d’euros" alors que "les résidents à l’étranger vont chercher à peine 2 milliards de rémunérations".
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