Politique économique / S&P 500 / rallye / Fed / Taux directeurs / Jerome Powell / Donald Trump / Sur les marchés
Politique économique
S&P 500 / rallye / Fed / Taux directeurs / Jerome Powell / Donald Trump / Sur les marchés
Les marchés n’ont pas compris la gravité de la situation
Alors que les marchés avaient réagi de façon proportionnée aux annonces de la Fed hier, l’emballement ne s’est produit que le lendemain puisque le Dow Jones et le S&P 500 ont clôturé en hausse de près de 1 % jeudi, ce dernier affichant même un nouveau record historique. En parallèle, les rendements des Treasuries américains à 10 ans ont chuté en séance sous la barre des 2 %, à 1,97 %, et ce pour la première fois depuis novembre 2016. Et l’indice du dollar, qui mesure son évolution par rapport à un panier de devises, a chuté de 0,7 %. Les investisseurs, qui misaient déjà sur un relâchement de la politique monétaire, ont été confortés par les mots de Jerome Powell mercredi. Pour preuve, les futures sur les taux Fed attribuent même une probabilité de 100 % à une baisse des taux directeurs dès le mois prochain.
Après six semaines de baisse et de forte volatilité sur les marchés mondiaux, causées par les tensions commerciales, les investisseurs montrent leur soulagement face à la réaction de la Fed, et semblent miser les meilleurs espoirs sur le sommet du G20 au Japon, où Donald Trump devrait rencontrer son homologue chinois, Xi Jinping. Pourtant, les discussions sont au point mort à l’heure actuelle et de l’avis du conseiller économique Larry Kudlow, aucune décision majeure ne devrait être prise à cette échéance.
D’où vient donc cet optimisme béat ? Les experts sont pantois. "La réaction du marché après la réunion de la Fed est un peu folle", juge Jonathan Corpina, de Meridian Equity Partners. "Je pensais que les choses allaient se calmer et que les gens allaient vendre des titres après le rallye récent ? Mais ils misent sur le sommet du G20". Même ton de la part de Tom Essaye, du Sevens Report : "Le rallye n’est pas basé sur les fondamentaux. Nous voyons des investisseurs faire volte-face et partir à la chasse aux actions".
Car la leçon de la dernière réunion de la Fed n’incite pas vraiment à l’euphorie. Elle montre que les banques centrales ont le plus grand mal à normaliser leur politique monétaire, après une décennie de taux bas et de mesures non conventionnelles. Car si Donald Trump avait promis de relancer la croissance et fait voter une réforme fiscale de grande ampleur en ce sens, la reprise n’a été que de courte durée, et les projections sont aujourd’hui bien moroses. De ce point de vue, l’économie US ressemble de plus en plus à celle dont a hérité le Président après l’ère Obama, fait remarquer Jeff Cox de CNBC, avec une croissance poussive, des taux US au plus bas et une Fed qui appuie des deux pieds sur le frein.
Les marchés semblent donc oublier que des baisses de taux ne sont pas une bonne nouvelle intrinsèque, mais anticipent un ralentissement économique, voire pire. "Si la Fed baisse ses taux trois fois entre maintenant et janvier, nous allons vers une récession", surenchérit Tom Essaye. Ironie du sort, Donald Trump devrait donc enfin obtenir les baisses de taux qu’il réclame depuis plusieurs mois, mais ce ne sera pas forcément à son avantage en pleine période électorale.
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