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Evenements / Natixis / h2O asset management / patrick artus

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Natixis prend l'eau

La banque de BPCE est éclaboussée par une affaire qui mêle conflit d'intérêts et mauvaise gestion financière.
Natixiss
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Depuis que la nouvelle est sortie, Natixis perd 12 %. C'est dire si les marchés jugent sévèrement la banque, éclaboussée par une affaire qui mêlerait conflit d'intérêts et mauvaise gestion financière.

L'histoire commence ainsi : le Financial Times révèle hier matin l'ampleur de la détention d'obligations non liquides d'H2O Asset Management, un fonds détenu pour un peu plus de la moitié par Natixis. Bruno Crastes, le patron d'H2O - cette société qu'il a créée au début de la décennie avec l'appui de Natixis - aurait soutenu de façon inconsidérée les volontés d'un financier allemand, plus de sept fois aux mains de la justice pour des deals équivoques.

Quelques heures après, l'agence Morningstar - dont les évaluations servent de livre-guide clef pour les investisseurs - annonce suspendre la notation de l'un des fonds d'H2O Asset Management, citant l'émergence de questions sur la liquidité de certaines obligations détenues par le fonds, mais aussi un conflit d'intérêts. Morningstar confirme les dires du Financial Times, et précise que plus de 4 % des actifs sont investis dans des obligations illiquides émises par des sociétés contrôlées par le financier allemand Lars Windhorst. Lui qui a justement accueilli au mois de mai dernier Bruno Crastes au Conseil de surveillance de la société Tennor Holding, le fonds d'investissement de Lars Windhorst, laissant apparaître un risque élevé de conflit d'intérêts.

La situation est à l'escalade. Natixis, qui perdait encore 1,5 % depuis l'ouverture ce matin, a officiellement annoncé que sa filiale a été touchée par des sorties de fonds d'au moins 600 millions d'euros en moins de deux jours. La banque confirme par ailleurs avoir demandé à Bruno Crastes de démissionner de ses fonctions au sein du conseil consultatif de Tennor Holding, et sera remplacé par Vincent Chailley, l'actuel directeur des investissements de la société de gestion du fonds H2O.

C'est dire la violence de l'affaire, pour des faits qui ne sont pas encore avérés. L'influence de la presse financière et des agences de notations sur le cours est colossale et cher payée, particulièrement pour Natixis, pour qui H2O ne représente que 5 à 6 % de son bénéfice net au titre de 2018. S'il y a conflit d'intérêts entre Bruno Crastes et le financier allemand, ils devront bien sûr être jugés. Mais pour le reste, l'abaissement de la notation par Morningstar ne signifie pas pour autant qu'H2O agit dans l'illégalité. Les règles de l'Union européenne stipulent que ce type de fonds peut détenir jusqu'à 10 % des actifs dans des titres moins liquides. Or encore une fois, Morningstar évoque un taux de 4 %. Soit dit en passant, c'est quand même le comble pour une société intitulée H2O de faire l'actualité pour des problèmes de liquidités…

Pour "une question de déontologie", le directeur de la recherche de la banque Natixis Patrick Artus s'est refusé à répondre à nos questions.

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