IPO / IPO / NYSE / Nasdaq / Euronext / licornes
IPO
IPO / NYSE / Nasdaq / Euronext / licornes
IPO : deux continents, deux ambiances
Au terme d’un premier semestre pourtant très positif sur les marchés actions, où le CAC 40 et le S&P 500 ont tous deux gagné plus de 17 %, le bilan est beaucoup plus contrasté du côté des IPO, de part et d’autre de l’Atlantique. Car d’un côté, les introductions en Bourse américaines ont touché de nouveaux sommets sur les six premiers mois de l’année, grâce à l’entrée des fameuses licornes attendues depuis plusieurs années. Le NYSE a ainsi repris la première position mondiale des places boursières en termes d’IPO, après avoir été détrôné par Hong Kong l’an passé. Ensemble, le NYSE et le Nasdaq ont enregistré 118 introductions pour un total de 33,6 milliards de dollars, selon les données préliminaires de Dealogic et EY. Tandis que sur la zone EMEIA, les IPO sont en retrait de 53 % en volume, à 123 opérations, et 48 % en valeur (16 milliards de dollars), selon EY.
Aux États-Unis, les chiffres ont bien sûr été portés par les cotations de quelques grosses licornes tech, comme Uber et Lyft, même si ces dernières ont au final été les plus décevantes. La première est à peine revenue à un niveau d’entrée pourtant fixé en bas de fourchette, et la deuxième est tombée sous son prix d’entrée dès le deuxième jour. Pourtant, cela n’est pas révélateur du marché : selon Dealogic, 25 pépites technologiques ont levé un total de 19 milliards de dollars sur le marché US au premier semestre, et elles ont en moyenne gagné 34 % lors de leur premier jour de cotation, un record depuis 2013, et même environ 30 % depuis.
Cela montre que les "flops" d’Uber et Lyft ne sont pas liés au marché, mais aux performances financières et au business model de ces deux groupes. Ils évoluent dans le nouveau secteur des VTC et n’ont ainsi pas de comparable coté, et surtout ils brûlent de plus en plus d’argent et accumulent les pertes, sans se fixer d’objectif de rentabilité. Les investisseurs, qui ont pourtant attendus de longues années avant de pouvoir acheter des titres des licornes de la Silicon Valley, se montrent donc rationnels et exigeants sur leurs perspectives financières. Le record est détenu par le fabricant de viandes à base de plantes Beyond Meat, qui a gagné plus de 500 % depuis son IPO. Enfin, l’alternative de la cotation directe, sans augmentation de capital, se confirme : après Spotify, le service de messagerie professionnelle Slack y a eu recours et a grimpé de plus de 50 % pour son premier jour en Bourse. Une mauvaise nouvelle pour les banques de Wall Street – Morgan Stanley en tête au premier semestre – qui touchent d’importantes commissions lors de ces IPO.
En Europe, le tableau est bien plus sombre mais l’activité a en réalité accéléré nettement au deuxième trimestre, où 12 milliards de dollars d’IPO ont été enregistrés. La région "est plus dépendante que d’autres du commerce international et par conséquent, plus sensible aux incertitudes géopolitiques persistantes", juge le docteur Martin Steinbach, Global et EMEIA IPO Leader chez EY. Qui estime que les candidats sont sur les starting-blocks et pourraient se lancer dès que les États-Unis et la Chine auront résolu leurs différends et que le calendrier du Brexit sera plus clair. Signe encourageant : la filiale poids lourds de Volkswagen, Traton, a levé 1,5 milliard d’euros lors de son IPO la semaine dernière à Francfort et Stockholm, et vaut plus de 13 milliards d’euros en Bourse. Dans ce contexte, la paralysie française dénote encore plus puisque la Bourse de Paris n’a enregistré qu’une seule IPO sur Euronext Growth, à moins de 8 millions d’euros. Le recul de la place française en Europe, au plus bas depuis près de 10 ans, est un sujet d’inquiétude pour tous les acteurs concernés, et notamment Euronext.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

