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IPO / IPO / Uber / Lyft / licornes

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IPO / Uber / Lyft / licornes

Uber vaut 20 milliards de moins que prévu

Le groupe de Dara Khosrowshahi a fixé la fourchette de son IPO, qui pourrait le valoriser entre 90 et 100 milliards de dollars, sous les premières estimations des banques leads, Morgan Stanley et Goldman Sachs. Mais la raison sera clé pour réussir dans la durée, surtout après le précédent Lyft.
Uber - logo
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Uber a finalement dégainé son IPO, et a – pour le moment – joué la prudence. Selon les rumeurs sorties mercredi, le groupe dirigé par Dara Khosrowshahi a fixé son prix d’entrée entre 48 et 55 dollars par action, soit une valorisation totale comprise entre 90 et 100 milliards de dollars en incluant les 10 milliards que le groupe souhaite lever à l’occasion de cette opération. Bien sûr, ce chiffre – qui sera officialisé jeudi - peut varier à la hausse ou à la baisse d’ici la fin des roadshows, en fonction de l’appétit des investisseurs dans les prochains jours.

Mais cette première fourchette est en tout cas révélatrice, car elle se situe en dessous des estimations qu’avait reçu la société à l’automne dernier, lorsqu’elle avait sondé les banques candidates pour organiser l’opération, et en particulier celles qu’elle a finalement mandatées, Morgan Stanley et Goldman Sachs. La raison de cette modération est évidente : le raté de Lyft, Lors de son IPO il y a moins de deux semaines, son concurrent fixé son prix d’entrée au-dessus de la fourchette initiale à cause de la forte demande, mais le titre n’a grimpé que de 8 % lors du premier jour de cotation, et a ensuite rapidement chuté sous ce prix initial, pour se fixer mercredi en baisse de plus de 16 %. Mais la capitalisation boursière reste supérieure aux 15 milliards de dollars de valorisation obtenus lors de son dernier tour de table en juin 2018.

Là encore, cette performance sur dix jours ne présume pas de la performance à venir de Lyft, mais montre que de nombreux investisseurs ont tendance à augmenter leurs ordres lors d’IPO très attendues comme celles d’Uber ou de Lyft, estimant qu’ils n’auront qu’une partie de ce dernier, ce qui gonfle artificiellement la demande. Ensuite, tout le défi pour les banques teneuses de livres consiste à identifier les acheteurs présents sur du moyen ou long terme, par rapport à ceux qui veulent faire un aller-retour rapide, en profitant de la frénésie autour de ces licornes.

Fondé en 2009, Uber a largement tiré parti de l’attrait des investisseurs privés pour financer sa croissance dans le passé et a fait entrer de grands noms à son capital comme le japonais Softbank, le fonds Benshmark ou encore le constructeur japonais Toyota, qui est entré l’an passé à uen valorisation de 76 milliards de dollars. Il a généré plus de 50 milliards de dollars de réservations l’an passé, en hausse de 45 % sur un an, mais cette croissance ralentit. Il a certes dégagé 11 milliards de dollars de revenus 2018, mais dont 3 milliards au dernier trimestre - en hausse de 2 % sur trois mois – et a perdu 3,3 milliards de dollars sur l’année.

D’autres paramètres pourraient jouer en sa défaveur : Uber a subi une grave crise de réputation qui a conduit au départ de son fondateur Travis Kalanick à l’été 2017 et son remplacement par Dara Khosrowshahi. Par ailleurs, le groupe a dû renoncer à sa croissance en propre en Chine lorsqu’il a accepté à fusionner avec son concurrent local, Didi Chuxing, en 2016. Uber, qui a déjà largement pénétré le marché américain et canadien, devra aussi démontrer sa capacité à grandir sur d’autres marchés, où il est régulièrement attaqué au plan légal. Sans parler de ses ambitions dans la livraison de repas, les vélos et trottinettes, les drônes ou encore la voiture autonome. Autant de réponses qu’il devra délivrer aux investisseurs exigeants de l’IPO.

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