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IPO d’Uber et Lyft : les clients, prochaines victimes ?
Deux IPO de licornes ont eu lieu jeudi dernier à la Bourse de New York, juste avant le week-end pascal. Celle de Pinterest, la plateforme de partage de photos très connue et utilisée par 250 millions d’Internautes tous les mois, et celle de Zoom, un service plus obscur de vidéo-conférences. Or, si les deux groupes ont fixé leur prix d’entrée au-dessus de leur fourchette d’estimation initiale, le véritable carton a été non le réseau social de photos, mais Zoom, qui a bondi de plus de 80 % en deux petits jours de cotation. Et vaut désormais 16 milliards de dollars, soit 3 milliards de plus que Pinterest, alors même que ses revenus ont été plus de deux fois inférieurs en 2018.
La raison ? Zoom est l'une des rares licornes à être quasiment arrivée au point mort, avec 6,9 millions de dollars de pertes pour son dernier exercice. Une preuve de sa volonté de délivrer des dividendes, alors que Pinterest, Lyft, Dropbox et d’autres noms en vue ont tous résumé leur stratégie dans leurs prospectus d’IPO en une phrase du type : "nous avons un historique de pertes nettes et pourrions ne pas être capable d’atteindre ou maintenir une rentabilité à l’avenir." Lyft a d’ailleurs été la première victime de cette stratégie, sanctionnée pour des pertes supérieures à 900 millions de dollars en 2018 lors des premiers échanges en Bourse fin mars. Si bien que le deuxième acteur mondial du VTC s’échange désormais en dessous de son niveau d’entrée.
Ce précédent risque d’impacter la façon dont ces licornes chéries par les fonds de venture sont gérées une fois en Bourse. Car celles-ci ont jusqu’à présent pu se mener une guerre des prix sans merci afin de gagner des parts de marché, et creuser leurs pertes sans que leurs VC n’y trouvent à redire. Mais la musique risque d’être bien différente une fois en Bourse, lorsque les investisseurs vont scruter les résultats trimestriels et surtout les projections financières, à la recherche d’un objectif de rentabilité.
Certes, l’IPO est l’occasion pour Lyft comme Uber de lever assez d’argent pour garder les reins solides dans cette guerre des prix : Lyft a déjà collecté 2,3 milliards de dollars lors de son IPO, et Uber devrait quant à lui obtenir plus de 10 milliards de dollars lors de la sienne, prévue en mai. Mais les dirigeants des deux sociétés ont déjà affirmé vouloir passer dans le vert dans les prochaines années, ce qui selon les experts sera difficile à réaliser dans le contexte actuel. Sans compter qu’Uber devra aussi justifier le ralentissement de sa croissance, ses revenus étant restés stables en fin d’année dernière.
Pour contenter les investisseurs, Uber et Lyft ont indiqué vouloir réduire les coûts comme l’assurance et des trajets plus directs. Mais les analystes estiment qu’elles vont aussi devoir couper court sur les promotions et autres avantages offerts aux chauffeurs pour les attirer vers leurs services. D’où des hausses de prix inévitables pour les clients finaux. Dans le cas contraire, la guerre des prix risque de coûter la vie à l’un des deux, ce qui mènera aussi inévitablement à une inflation pour celui qui restera en situation de monopole.
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