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IPO / Kering / Eurazeo / Prix

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Kering / Eurazeo / Prix

Les doudounes Moncler valent-elles ce prix ?

Les rumeurs bruissent d’un intérêt de Kering pour la marque de doudounes de luxe. Mais un tel actif lui coûterait très cher pour des perspectives de croissance limitées et surtout devrait remporter l’adhésion de son emblématique patron et actionnaire, Remo Ruffini.
Doudoune Moncler
Doudoune Moncler

Il n’aura pas fallu une semaine après l’annonce choc du rachat du joaillier Tiffany par LVMH - pour 16 milliards de dollars – pour que des rumeurs s’installent sur la prochaine opération de consolidation dans le luxe mondial. Et cette fois, il s’agit des doudounes de luxe Moncler, qui ont tant rapporté à son précédent actionnaire, Eurazeo, et qui caracolent en Bourse. Remo Ruffini, l’actionnaire de référence et patron du groupe a pour l’instant indiqué "avoir de temps en temps des contacts avec d'autres investisseurs et d'autres acteurs du luxe dont Kering", sans qu’un projet spécifique de rapprochement ne soit à l’étude. Car une telle opération ne serait pas simple à mettre en place pour le groupe de François-Henri Pinault, et ce pour plusieurs raisons.

Primo, son prix. Pour rappel en 2011, la firme dirigée par Virginie Morgon a racheté 45 % du capital du groupe fondé en Isère à Carlyle pour 418 millions d’euros et l’a ensuite introduite en Bourse avec un grand succès fin 2013, pour une capitalisation boursière de 2,5 milliards d’euros. Depuis, il a connu un parcours boursier exemplaire puisque le titre a été multiplié par 4 en six ans. En mars dernier, Eurazeo a annoncé avoir soldé le reste de sa participation, qui lui a rapporté au total un multiple de 4,8 fois sa mise et un TRI de 43 % sur huit ans.

C’est dire si un projet de rachat de Moncler serait onéreux pour Kering. Après avoir bondi de 10 % lorsque ces rumeurs ont été relayées par Bloomberg, le groupe de doudounes et autres vêtements d’hiver de luxe vaut désormais près de 11 milliards d’euros en Bourse. Kering devrait donc en offrir au moins 12 milliards d’euros, soit un multiple exorbitant de plus de 20 fois son Ebitda 2020. En outre, il ne pourrait pas compter sur une amélioration significative de la rentabilité car Moncler est déjà très bien géré par son emblématique patron et actionnaire, Remi Ruffini, dégageant une marge opérationnelle de 30 %.

Avec une telle opération, Kering pourrait certes diversifier un peu plus ses actifs, lui qui tire encore 60 % de ses revenus de Gucci, et consolider son conglomérat du luxe face à LVMH. Et il a les moyens de cette acquisition sans faire bondir sa dette à des niveaux intenables. Mais il faudrait aussi obtenir le précieux aval du patron du groupe, Remi Ruffini, encore actionnaire à 22,5 %. Et pour ce faire, payer une prime élevée sur un titre déjà à son plus haut historique. C’est pourquoi Kering pourrait probablement trouver d’autres grands noms du luxe mondial moins onéreux, et surtout avec des perspectives de croissance ou redressement plus alléchantes.

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