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Air France-KLM / écologie / éco contribution / éco taxe
L'écotaxe fait plonger le cours d'Air France - KLM
Dès l'an prochain, le gouvernement Philippe va mettre en place une éco contribution sur le transport aérien. Qui n'est en réalité qu'une taxe de 1,50 euro par billet, uniquement sur les vols intérieurs ou intra-européens. Elle concerne seulement les vols au départ de France, et non ceux arrivant sur le sol français. Elle ne s'appliquera pas aux vols en correspondance. Et elle ne s'exercera pas non plus aux vols au départ et/ou vers la Corse. Ni vers l'Outremer. Ni vers "les liaisons d'aménagement du territoire".
La colère des Gilets jaunes, déclenchée après la hausse de la taxe sur les carburants, effraie la politique écologique qui avance à tâtons. Ce nouvel impôt devrait contribuer à hauteur de 182 millions d'euros au financement des transports plus propres du quotidien, quand la Commission européenne estime que les dégâts environnementaux provoqués par le secteur aérien coûtent 33 milliards d'euros aux pays membres de l'Union. C'est dire si le montant est ridicule. Et quand les politiciens avancent avec prudence, les marchés réagissent démesurément. Ce qui ne fera que conforter l'État français dans l'idée qu'il faille avancer doucement pour contrer la plus grande crise climatique de l'Histoire. De fait, l'annonce de l'écotaxe par la ministre chargée des Transports Elizabeth Borne fait plonger le cours d'Air France - KLM de plus de 5 % depuis l'ouverture ce matin, ce groupe dont l'État français est toujours actionnaire à plus de 14 %.
Il y a peut-être un aspect de cette mesure à saluer, c'est son côté particulièrement progressif. Le prix atteint 9 euros en classe affaire par vol intra Union européenne, 18 euros pour une classe affaire hors Union européenne. Soit… 0,93 % du prix moyen du billet pour un aller simple Air France vers Lisbonne. Un peu moins de 5 % du prix moyen du billet pour un aller simple Air France vers Genève.
Quant à l'application d'une taxe universelle sur le kérosène, il va encore falloir attendre, car les pays signataires de la Convention de Chicago (qui régit le droit international de l'aviation) sont officiellement encore en discussion. L'exécutif européen estime qu'une taxe à hauteur de 33 centimes par litre de carburant, aurait pour effet de réduire de 10 % les émissions de CO2, ce qui ferait par ailleurs rentrer dans les caisses de l'État pas moins de 3,5 milliards d'euros. En ces temps de disette pour le gouvernement Philippe, c'est une niche fiscale à laquelle il ferait bon de s'attaquer, et cela tant d'un point de vue budgétaire qu'écologique. À ce stade pourtant, seule la Suède a eu le courage d'imposer cette taxe.
Au contraire de la taxe carbone qui touche la population indépendamment de son revenu, la taxe kérosène est ciblée sur la tranche de la population qui a les moyens de voyager, ce qui pourrait jouer en faveur de son approbation par le plus grand nombre. Et ce que rapporterait à l'année la taxe sur le carburant des avions, c'est exactement ce que le gel de la taxe carbone d'ici à 2022 fera perdre à Bercy. Alors, pourquoi attendre ?
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