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Brexit suspension Parlement Boris Johnson

Politique européenne / Boris Johnson / Brexit / Hard Brexit

Politique européenne
Boris Johnson / Brexit / Hard Brexit

Brexit : Boris Johnson suspend le Parlement, et maintenant ?

En prorogeant le Parlement, Boris Johnson resserre son étreinte sur le Royaume-Uni pour obliger le pays à divorcer sans négociation avec l'Union européenne le 31 octobre.
Brexit Presse
Brexit Presse

Le Premier ministre britannique a mis ses menaces à exécution. Il vient de suspendre le Parlement pour obliger la Grande-Bretagne à quitter de force l'Union européenne le 31 octobre, après que la Reine lui a donné son aval hier après-midi. Le Parlement sera donc suspendu quelques jours après le retour de la pause estivale des députés - entre le 9 et le 12 septembre - et ne sera rouvert qu’à partir du 14 octobre. Pour retrouver dans l’Histoire les traces d’une suspension aussi longue, il faut remonter 75 ans en arrière. Et contrairement à ce qu’affirme le président de la Chambre des communes, John Bercow, il ne s’agit pas d’"un outrage constitutionnel", car la Grande-Bretagne ne possède pas de Constitution écrite, le pays reposant sur un droit coutumier que l’ensemble des dirigeants s’évertuent à respecter en hommage à la tradition.

Par cette mesure nommée "prorogation" du Parlement, Boris Johnson limite les scénarios possibles et renforce la probabilité d’un Brexit "no deal" puisqu’il ne laisse qu’une semaine en septembre et deux au mois d'octobre pour négocier un éventuel accord avant la date butoir du 31 octobre. Il coupe ainsi l’herbe sous le pied à ses opposants europhiles qui ne devraient pas pouvoir débattre de la question du Brexit avant la mi-octobre. Pourtant, une lueur d’espoir persiste du côté des dirigeants européens. De fait, un deal pourrait voir le jour dans la mesure où l’Union accepterait de se plier aux exigences de "BoJo". Les Vingt-Sept devraient alors abandonner le "backstop irlandais" ce qui permettrait au Royaume-Uni de rétablir une frontière physique l'Irlande et l'Irlande du Nord.

Toutefois, l’entêtement de Boris Johnson d’évincer une à une chaque menace, allant d'une nouvelle convocation aux urnes, en passant par une motion de censure pourrait lui coûter cher. S’il a décidé d'imposer sa loi jusqu’au 31 octobre, la suite des événements a de grandes chances de lui être défavorable. Ses dérives autoritaires déplaisent aux Britanniques qui sont 47 % à avoir jugé hier l’action du Premier ministre "inacceptable" quand seulement 27 % lui apportent leur soutien, selon le sondage fraîchement réalisé par l’institut YouGov. D'autant que "BoJo" n'a pas donné de motif officiel à la prorogation du Parlement. Il profite simplement du fait que la Constitution ne soit pas officiellement codifiée pour bloquer les débats parlementaires sans enfreindre le cadre législatif. 

À trop s'obstiner, Boris Johnson pourrait être déchu de son trône. Car si les libéraux démocrates et le parti travailliste parviennent à convaincre les députés conservateurs que l'organisation d'un vote de défiance est indispensable à la bonne poursuite de la politique britannique, le Premier ministre sera bel et bien évincé du 10 Downing Street en cas de défaite.

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