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Assemblée générale / actionnaire / dissidence / vote

Les actionnaires font entendre leurs voix en AG

Les actionnaires ont eu recours massivement à leur droit de dissidence lors des Assemblées générales du millésime 2019.
Assemblées générales européennes
Assemblées générales européennes

Le nombre d’actionnaires dissidents lors des Assemblées générales qui se sont tenues en Europe cette année n'a pas cessé d'augmenter. La proportion de résolutions contestées a crû de 6,7 % en un an selon l’étude réalisée par Georgeson, conseiller en engagement actionnarial. Celui-ci considère qu'une proposition a été contestée si elle ne réunit pas plus de 90 % des voix. Le nombre de votes n’approuvant pas la gestion menée par le conseil d’administration a augmenté de 233 %. Alors qu’il ne s’agit que d’une formalité administrative, courante en Occident, elle révèle le fort mécontentement des porteurs de titres.

Le groupe Bayer, le géant de la chimie, en a fait les frais en avril dernier. Lors de la rencontre annuelle, 55 % des votants n’ont pas souhaité renouveler le directeur général Werner Baumann ainsi que son équipe, une première en Allemagne pour une firme de ce calibre. Derrière cette décision se cache en réalité l’acquisition très critiquée de Monsanto. Le chimiste allemand avait acheté la maison mère du très célèbre herbicide Roundup pour un montant de 63 milliards de dollars. Cet achat avait précipité l'entreprise allemande dans diverses procédures judiciaires, aléas qui ont entraîné une perte de 35 milliards d'euros en Bourse.

En Espagne, les propriétaires des acteurs cotés sur l’IBEX 35 ont remis largement en cause les dirigeants en place ainsi que les gratifications qui leur sont accordées. Leurs confrères anglais, les détenteurs des sociétés du FTSE 100 ont été nombreux à voter défavorablement les sujets concernant les élections de directeurs. 22 entreprises de l'indice anglais ont reçu moins de 90 % de soutien pour les rapports sur les rémunérations présentés, parmi lesquelles on trouve Barclays ou Standard Life Aberdeen.

En France, pas moins de 11 % des propositions présentées par les firmes du CAC 40 ont été contestées avec plus de 20 % d'opposition. Pourtant, certains acteurs avaient modifié l'ordre du jour plutôt que de subir publiquement l'affront des investisseurs qui ne voteront pas favorablement, à l'instar de Total qui avait retiré pour sa part sa douzième résolution qui portait sur une distribution d’options de souscription d'actions à certains salariés et membres de la direction. Le pétrolier français avait cédé à la pression des proxy advisors qui auraient recommandé de réfuter ce point.

Ces chiffres confirment le développement de l’actionnariat dit actif au sein de l’Europe, soutenu par les cabinets spécialisés en conseil en vote. Les investisseurs et les fonds comptent largement sur ceux-ci pour prendre des décision et les avis formulés par ces derniers n'ont donc pas été sans conséquence sur les AG, d’autant plus que les recommandations négatives ont été plus nombreuses cette année.

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