Macro-économie / Taux / Italie / Dette
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Italie / Dette
On se lève tous pour la dette italienne !
Après l’Agence France Trésor qui a levé il y a quelques semaines plus de 10 milliards d’euros en une journée, l’Italie suit le mouvement et a émis pour 7,5 milliards d’euros de nouvelles obligations à des coûts d’emprunt sans précédent. L’émission de nouvelles obligations à cinq et dix ans intervient trois semaines après que le Parti démocrate de centre-gauche et le Mouvement 5 étoiles ont mis fin à des semaines d'incertitude politique en acceptant de former une nouvelle coalition. Les investisseurs ont réagi en se précipitant sur la dette italienne, poussant les rendements à des plus bas historiques.
Dans un monde où la dette à taux négatif atteint 17.000 milliards de dollars et où plus des deux tiers des obligations d'État de la zone euro se négocient à des taux négatifs, la dette italienne a un grand succès, puisque les taux d’intérêt servis par l’Italie sont encore positifs. Rome a émis des obligations à cinq ans à un taux d’intérêt de 0,26 % et des obligations à dix ans au taux de 0,88 %. "Les taux d'intérêt vont rester très bas pendant très longtemps et nous nous attendons à une nouvelle baisse des rendements", a déclaré Mark Dowding, directeur des investissements de BlueBay Asset Management.Ces taux d'intérêt extrêmement bas sont l'arbre qui cache la forêt. La dette italienne pèse près de 130 % du PIB, et c'est un euphémisme que de dire que la croissance économique est peu dynamique depuis deux décennies. En cas d'un retour de l'incertitude politique avec la plausible réapparition d'un Matteo Salvini, la prime de risque et donc les taux d'intérêt payés par l'Italie s'envoleraient. Rappelons qu'en octobre de l'année dernière, l'Italie devait payer 3,40 % d'intérêt par an pour s'endetter à 10 ans ! Cette diminution de 250 points de base qui est due à la baisse des incertitudes politiques et budgétaires ainsi qu'à la politique monétaire de la BCE ne doivent pas faire perdre de vue l'essentiel à l'Italie. Des réformes structurelles sont nécessaires, comme le note un récent rapport de l'OCDE à propos de la Botte, pour assurer la soutenabilité de la plus grosse dette souveraine de la zone euro, au coude à coude avec la France,
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