Politique européenne / commission européenne / Ursula von der Leyen / Sylvie Goulard
Politique européenne
commission européenne / Ursula von der Leyen / Sylvie Goulard
Le Conseil de classe d'Ursula von Der Leyen
Le 10 septembre dernier, la présidente élue Ursula von Der Leyen a présenté sa nouvelle équipe pour la prochaine Commission européenne. Cette semaine, l'ensemble du Collège des commissaires, y compris le haut représentant de l'Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, également vice-président de la Commission européenne, seront soumis à un vote d'approbation du Parlement européen. Nombreux sont les élèves à risquer le blâme fatal.
Parmi eux, il y a la Française Sylvie Goulard, qui doit hériter à la fois de la politique industrielle et du marché unique du numérique, de la nouvelle direction générale de l'industrie, de la défense et aussi de l'espace. La femme, qui a mis entre parenthèses son poste de sous-gouverneure de la Banque de France le temps du vote, (et qui selon nos informations exclusives devrait reprendre ce poste si le vote ne lui est pas favorable) est encore soupçonnée à ce stade d'être impliquée dans l'affaire des emplois fictifs présumés des assistants parlementaires. Par ailleurs, ce qui pourrait lui porter également préjudice, c'est son poste de conseillère spéciale au sein de l'Institut Berggruen, une fonction rémunérée plus de 300.000 euros sur l'ensemble des 27 mois lors desquels elle a co-signé deux rapports d'une quinzaine de pages chaque.
Sur les vingt-six autres commissaires nommés par la première femme élue à cette fonction il y a aussi l'ancien ministre hongrois de la Justice Laszlo Trocsanyi et la candidate roumaine Rovana Plumb, soupçonnés de conflits d'intérêts financiers qui les rendraient inaptes à exercer leurs futures fonctions.
Et ce n'est pas tout. Janusz Wojciechowski, 64 ans, qui n’a hérité du poste de commissaire européen qu’après le désistement de Krzysztof Szczerski, chef de cabinet du président ultra-conservateur Andrej Duda - qui s'est lui-même rétracté lorsqu’il a appris que lui reviendrait le portefeuille de l’agriculture - fait l'objet de nombreuses critiques. D'abord pour son soutien aux réformes controversées à Varsovie sur l'État de droit, mais aussi parce qu'il était sous le coup d'une investigation de l'office antifraude de l'UE, l'Olaf, portant sur des irrégularités présumées concernant le remboursement de frais de voyage d'un montant de 11.243 euros. L'Olaf a finalement terminé son enquête, en demandant un remboursement sans recommander de sanction individuelle.
Le casting de la Commission souffre d'autres déconvenues. Le vice-premier ministre belge, Didier Reynders, choisi pour occuper le poste de commissaire européen à la Justice, est lui-même visé par une enquête. Ouverte par le parquet de Bruxelles, elle porte sur des allégations de blanchiment d’argent et de corruption. Cette figure de la vie politique belge est accusée par un ex-agent de la Sûreté de l’État - le service de renseignement outre-Quiévrain - d’avoir touché des pots-de-vin dans des affaires de marchés publics. Là aussi, Didier Reynders a été blanchi.
Les députés européens ont le pouvoir de rejeter les commissaires entrants s'ils les jugent inaptes à exercer leurs fonctions au cours de sessions de confirmation de trois heures qui commencent aujourd'hui. Dans tous les cas, cette actualité rend particulièrement vulnérable la future Commission et joue en défaveur de la crédibilité d'Ursula von Der Leyen, mise dans l'embarras depuis des semaines maintenant.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

