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La Sécurité sociale ne remercie pas les gilets jaunes

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La Sécurité sociale ne remercie pas les Gilets jaunes

Le déficit de la Sécurité sociale s'est creusé sous l'effet des cadeaux offerts par le Président Emmanuel Macron.
Agnès Buzyn
Agnès Buzyn

Après des prévisions de déficit budgétaire trop optimistes, c’est maintenant à la Sécurité sociale de faire mentir le gouvernement. Quelques jours après qu'il a dévoilé un Projet de loi de finances déjà décevant : 306,1 milliards de recettes et 399,2 milliards de dépenses, soit 93,1 milliards de déficit budgétaire pour l’année 2020 qui fera que l’État vivra à crédit à partir du 10 octobre l'an prochain. Pour le PLFSS cette fois, et alors que le gouvernement Philippe annonçait que les comptes repasseraient dans le vert dés cette année (pour la première fois depuis dix sept ans), il va encore falloir attendre. 

En effet, le retour à l'équilibre est repoussé à 2023. Dans le détail, le déficit du régime général et du fonds de solidarité vieillesse (FSV), - qui verse les cotisations retraite des chômeurs et le minimum vieillesse - devrait s’élever à 5,4 milliards d’euros en 2019 et à 5,1 milliards d’euros en 2020. Pour ce qui est des causes, les cadeaux octroyés aux Gilets jaunes n'y sont pas pour rien. Le PLFSS 2020 confirme l'annulation de la hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour les petites pensions et la reconduite de la prime exceptionnelle exonérée de cotisations sociales versée par les entreprises. Cette dernière, qui fut donc déjà versée au titre de 2019 a profité cette année à environ 5 millions de salariés par 400.000 établissements, pour 2,2 milliards d'euros de pouvoir d'achat supplémentaire. La suppression des cotisations salariales sur les heures supplémentaires joue aussi en défaveur du solde de la Sécurité sociale. 

C'est surtout la branche vieillesse qui voit ses recettes se dégrader puisqu'elle supporte l'essentiel des exonérations de cotisations. Ajoutons à cela un contexte international plus difficile qui a impacté négativement la croissance économique nominale et une masse salariale du secteur privé qui n’a pas cru autant que cela était anticipé. Tout cela n'est pas bon pour la dette sociale, le fameux "trou de la Sécu", qui se situe désormais aux alentours des 100 milliards d'euros. 

 

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