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La Fed se montre inquiète vis-à-vis des risques économiques extérieurs
Les membres du comité de politique monétaire (FOMC) de la Réserve fédérale américaine (Fed), qui ont décidé en septembre une nouvelle baisse des taux, étaient inquiets des tensions commerciales et des risques géopolitiques, selon le compte rendu de la dernière réunion du FOMC. La guerre commerciale avec la Chine est citée plusieurs fois dans ces minutes comme les perspectives d'un Brexit sans accord et les tensions à Hong Kong. Tous ces événements riches en incertitude, pèsent à la baisse sur l'investissement des entreprises et donc fragilisent la croissance économique. Aussi, plusieurs participants ont estimé que la probabilité d'une récession à moyen terme a considérablement augmenté ces derniers mois au regard des risques économiques qui ont augmenté : "les incertitudes commerciales sont plus fortes, les perspectives de croissance mondiale sont plus fragiles et plusieurs événements ont intensifié les risques géopolitiques", dit le compte rendu.
Ce compte rendu paraît à trois semaines de la prochaine réunion du comité de politique monétaire prévue le 30 octobre alors que les marchés financiers s'attendent à une troisième baisse des taux de 25 points de base. Cette anticipation embarrasse certains participants du FOMC qui ont souhaité que la Fed s'applique à mieux dompter les attentes des marchés afin de ne pas mener sa politique en fonction de leurs souhaits mais des fondamentaux macroéconomiques. Certains participants du FOMC se plaignent d'une communication de la Fed beaucoup trop nébuleuse. Selon eux, elle devrait faire preuve de davantage de clarté à propos de l'orientation de sa politique monétaire en réponse aux incertitudes commerciales. Il est peu aisé pour la Fed d'apparaître plus claire car nul ne sait comment ces négociations vont se terminer et donc n'appréhende les effets potentiels d'une incertitude prolongée sur l'économie. Ainsi, La Fed agit selon un principe de précaution qui la fait naviguer à vue. Le 18 septembre, la Fed avait décidé une baisse des taux d'un quart de point, la deuxième en deux mois, pour les établir dans une fourchette comprise entre 1,75 % et 2 %.
Trois membres du FOMC avaient voté contre cette décision. Esther George, présidente de la Fed de Kansas City, et Eric Rosengren, président de la Fed de Boston, avaient préféré maintenir les taux au niveau où ils étaient, estimant que la politique monétaire était déjà suffisamment accommodante. James Bullard, le président de la Fed de St. Louis, avait exprimé son désaccord puisqu'il était en faveur d’une réduction plus importante de 50 points de base compte tenu des risques de dégradation de l’économie et du fait que l’inflation continuait de se situer en-dessous de la cible de 2 %. Finalement, le compte-rendu semble montrer l’influence prégnante qu’ont les colombes au sein du FOMC puisque les risques qui pèsent sur la croissance sont davantage évoqués par rapport aux craintes suscitées par un potentiel emballement de l’inflation.
Par ailleurs, les discussions au sein du FOMC se sont également focalisées sur les tensions ayant lieu sur le marché interbancaire. De fait, au cours du mois de septembre, la Fed est intervenue à plusieurs reprises, à travers son antenne new-yorkaise, pour injecter des liquidités sur ce marché en vue de garder le taux des fed funds dans la fourchette cible allant de 1,75 % à 2,00 %. Le compte-rendu de la réunion fait état d'un accord au sein du FOMC pour que des mesures soient prises en vue d'atténuer les troubles du marché interbancaire. Cependant ces nouvelles mesures doivent apparaître comme clairement distinctes du Quantitative easing (QE) mené précédemment. Nous avons eu les prémices de ces mesures avec une annonce de Jerome Powell il y a deux jours. Le Gouverneur de la Banque centrale américaine a évoqué des achats d'actifs de maturité courte pour regonfler les réserves des banques - la matière première permettant de garder les taux d'intérêt sous contrôle -, tout en indiquant qu'il ne s'agissait pas d'un nouveau QE. Les modalités complètes de ce programme, que d'aucuns assimilent déjà à un mini QE, seront précisées à l'avenir.
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