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Macro-économie / Taux / Fed / Etats-Unis / Politique monétaire

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Fed / Etats-Unis / Politique monétaire

Ce livre beige a l'odeur d'une baisse des taux

Le livre beige de la Réserve fédérale américaine vient de paraître. Au regard de la lecture macroéconomique du comité de politique monétaire, il va dans le sens d'une nouvelle baisse de taux.
Jerome Powell, le Président de la Fed - Crédit photo : DR
Jerome Powell, le Président de la Fed - Crédit photo : DR

De nombreuses entreprises ont abaissé leurs perspectives de croissance pour l’année prochaine, notamment dans le Mid-West et dans les Grandes Plaines, selon le livre beige de la Fed tiré, entre autres, des conversations avec les chefs d’entreprise locaux aux États-Unis. Dans l’ensemble, l’économie américaine a connu une croissance "modérée" depuis le dernier rapport du mois dernier, avec une détérioration significative mais qui ne surprend pas dans les deux secteurs que sont l’industrie manufacturière et l’agriculture, abîmés par la guerre commerciale. "Les contacts dans certains districts ont suggéré que les tensions commerciales persistantes et le ralentissement de la croissance mondiale pesaient sur l'activité. Les conditions agricoles se sont encore détériorées sous l’effet des intempéries, de la faiblesse des prix des produits de base et des perturbations des échanges", précise le rapport.

Côté marché du travail, l’emploi n’a que faiblement augmenté en raison de la pénurie de main-d’œuvre persistante. De fait, cette pénurie apparaît dans des secteurs bien précis. Les districts signalent une demande relativement plus forte de travailleurs dans les industries des services professionnels et des technologies de l'information. En revanche, la demande de travail dans les secteurs du fret et le secteur manufacturier est faible. Un certain nombre de districts ont indiqué que les entreprises manufacturières avaient réduit leurs effectifs en raison de la faiblesse des commandes. Cependant, certaines entreprises se montrant inquiètes quant à la disponibilité de travailleurs sur le long terme, ont choisi de réduire les heures de travail plutôt que les effectifs. Cette pénurie de main d'œuvre a logiquement conduit les salaires à augmenter dans la plupart des districts. Des pressions à la hausse ayant été relevées pour les travailleurs peu qualifiés des secteurs de la vente au détail et de l'hôtellerie-restauration. Par ailleurs, un certain nombre de petites entreprises ont déclaré avoir de la difficulté à s'aligner sur les offres salariales des grandes entreprises. 

Sur le pan de l’inflation, la plupart des districts ont qualifié de "modeste", le rythme récent de hausse des prix. Les détaillants et les entreprises manufacturières ont tous deux noté une augmentation du coût de leurs intrants, souvent à cause des bien soumis à de nouveaux droits de douane. Les détaillants ont pu répercuter ces hausses de prix à leurs clients contrairement au secteur manufacturier. Cette dichotomie entre les deux secteurs a tendance à corroborer les études économiques qui analysent les impacts de la guerre commerciale sino-américaine. Selon ces dernières, les droits de douane s’appliquant aux biens de consommations intermédiaires sont moins susceptibles d’être répercutés sur les consommateurs par rapport aux droits de douanes affectant les biens de consommation finale.

Le livre beige fait son apparition alors que le comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) se prépare à se réunir à la fin du mois d’octobre. Au sein du FOMC, les opinions sur la santé macroéconomique des États-Unis sont divisées. Un groupe, comprenant Esther George de la Fed de Kansas City et Eric Rosengren de la Fed de Boston, voit un marché du travail en pleine effervescence qui n’a pas besoin qu’on le soutienne. En revanche, James Bullard, de la Fed de Saint-Louis, s'inquiète de la façon dont l'incertitude commerciale persistante a pesé sur l'investissement des entreprises et le secteur manufacturier et plaide pour des baisses de taux supplémentaires. Les arguments des membres du FOMC pour appuyer la dernière baisse des taux, qu'ils justifiaient par l'environnement macroéconomique mondial, ne sont pas remis en cause avec ce nouveau rapport. Une nouvelle baisse de taux semble donc actée et ne pourrait être remise en cause qu'au cas où la situation s'améliorerait significativement concernant la guerre commerciale, ce qui est peu probable d'ici la fin du mois d'octobre. Les marchés, eux, anticipent une nouvelle réduction de 25 points de base des taux d’intérêt, la troisième depuis le début de l’année.

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