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Politique européenne / Brexit / Boris Johnson / Union européenne / élections législatives

Politique européenne
Brexit / Boris Johnson / Union européenne / élections législatives

Boris Johnson réclame des élections législatives anticipées

L'échéance du calendrier Brexit se déplace d'Halloween à Noël, en espérant que le Premier ministre aura plus de chances pour les fêtes de fin d'année. C'est en fait bien d'un chantage dont il s'agit.
Illustration de Boris Johnson sur twitter par le dessinateur Ruben L. Oppenheimer
Illustration de Boris Johnson sur twitter par le dessinateur Ruben L. Oppenheimer

"Mon père était un négociateur du Brexit, et son père avant lui l'était aussi", ironise le dessinateur Jeremy Banx dans les colonnes du Financial Times ce matin, tant la série Brexit est à rallonge. L'échec de Boris Johnson à faire passer l'Accord au Parlement samedi dernier, renvoie les négociations aux calendes grecques, et surtout, pourrait déclencher l'organisation d'élections législatives anticipées. 

En parallèle, les Vingt-Sept doivent prendre une décision dans la journée au sujet du délai qu'ils accordent aux députés britanniques pour se prononcer sur l'Accord, décroché la semaine dernière par Boris Johnson à Bruxelles. En attendant, il y a un autre point sur lequel l'opposition va bientôt devoir se prononcer, c'est celui de l'organisation d'élections législatives anticipées, requises par le Premier ministre britannique, qui espère ainsi sortir de l'impasse au moment des fêtes de Noël, et non plus au moment de la fête des morts comme cela était initialement prévu. Il a indiqué que si elles étaient rejetées par les députés, il gèlerait sa loi Brexit et transformerait Westminster en Parlement zombie. Quelques jours après les squelettes imaginés par d'autres dessinateurs satiriques, tant les discussions sont longues.

En vertu de la Loi sur les législatures à durée déterminée de 2011, Boris Johnson doit obtenir le soutien de tous les partis et l'appui d'au moins 434 des 650 députés pour obtenir un scrutin. Dans une lettre adressée à Jeremy Corbyn, leader du patri d'opposition, Boris Johnson s'est donc soumis hier à un exercice rabaissant, celui de presser le parti adverse d'accepter la tenue d'un scrutin anticipé avant Noël, et plus précisément avant le 12 décembre. C'est une forme d'abandon pour BoJo, qui appelle désormais les députés à laisser les Britanniques élire un nouveau Parlement, qui lui, saura prendre de nouvelles décisions. Jeremy Corbyn compte attendre le délai accordé par l'Union européenne avant d'accepter la tenue des élections pour s'assurer que le pays a toutes les chances de sortir de façon ordonnée de la zone, et laissera le temps au nouveau parti au pouvoir de s'organiser. 

En fait, c'est bien du chantage. BoJo accepte de donner plus de temps aux parlementaires pour examiner son accord, en échange de quoi ils devront soutenir sa demande d'élections générales. Dans le meilleur des scénarios, les parlementaires votent l'Accord Brexit avant la tenue des élections, et le Brexit sort de manière ordonnée de l'Union européenne selon le délai accordé par elle. Ou encore, BoJo remporte les élections législatives et redonne la majorité au parti conservateur, ce qui lui permettra de faire sortir le Royaume-Uni là aussi avec l'accord et toujours selon le délai accordé par l'Union. Dans le pire des scénarios cette fois, l'opposition remporte les élections avant le vote sur l'accord et l'issue du Brexit est inconnue. Ou bien, le parlement britannique vote contre l'Accord avant la tenue des élections et le Royaume-Uni sort sans deal de l'Union, à la date décidée par elle. 

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