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L'autre homme de l'ombre du Brexit

L'actuel président de la Chambre des Communes John Bercow, qui s'amuse dans le triste purgatoire de Westminster depuis le début des négociations du Brexit, s'en ira le 31 octobre prochain, laissant la place du fauteuil en cuir à un député probablement moins interventionniste. Portrait.
John Bercow (Crédits : DR)
John Bercow (Crédits : DR)

S'il y a bien une chose pour laquelle le souvenir de John Bercow restera longtemps dans l'esprit des députés, c'est bien son traditionnel "Order !" [De l'ordre, N.D.L.R.] qu'il hurle fréquemment sur un ton rauque aux parlementaires indisciplinés, avec sa robe de soie noire et ses cravates criardes. La figure de la Chambre des Communes, dont l'impartialité fait encore débat aujourd'hui, quittera ses fonctions de speaker le 31 octobre prochain "pour consacrer davantage de temps aux siens", date à laquelle la Grande Bretagne devait théoriquement quitter l'Union européenne.

John Bercow, qui a démarré l'aventure en tant que 157ème président de la Chambre des Communes il y a un peu plus de dix ans, s'insère dans la vie politique assez jeune, en tant que membre d'un club situé à la droite du parti conservateur. Ancien président national de la Federation of Conservative Students et conseiller municipal de l'arrondissement de Londres, il a été élu député de Buckingham en mai 1997 en tant que conservateur et a occupé le poste de porte-parole de l'éducation et de l'emploi et des affaires intérieures sur les bancs du Parlement. Il a été nommé Secrétaire principal "fantôme" au Trésor en 2001, puis ministre "fantôme" du Travail et des Retraites en 2002 et, de 2003 à 2004, Secrétaire d'État fictif au développement international. Au Royaume-Uni, un cabinet fantôme est un groupe de politiciens qui occupe un poste politique au sein de leur parti, mais dont le parti n'est pas au pouvoir. Il offre une solution de rechange au ministre au sein du gouvernement et les deux parties débattront ensemble des questions relatives à leur propre domaine de compétence.

Ensuite, John Bercow devient membre du Comité spécial du développement international et copréside le groupe parlementaire multipartite sur la Birmanie et est nommé vice-président du GOPA sur la prévention du génocide en Afrique et au Soudan. Il a été secrétaire du groupe multipartite sur les droits de l'homme et a créé le groupe multipartite sur les tumeurs cérébrales. En septembre 2007, il a été nommé par le gouvernement pour diriger un examen des services destinés aux enfants et aux jeunes ayant des besoins en matière de parole, de langage et de communication. Nommé à la Conférence des présidents sur la représentation parlementaire en novembre 2008, il est devenu président de la Conférence dès qu'il est devenu président l'année suivante. 

Plus jeune titulaire de cette prestigieuse fonction, à 46 ans, John Bercow s'est employé à la dépoussiérer, abandonnant certains éléments de la tenue traditionnelle comme la perruque. Ces derniers temps, s'il a fait tant parler de lui dans la presse internationale, c'est que le président des Communes est accusé par les Brexiters d'avoir enfreint son devoir de neutralité en mettant des bâtons dans les roues d'abord à Theresa May puis à Boris Johnson lorsqu'ils ont tenté d'accélérer les démarches de sortie. Le 18 mars dernier, John Bercow avait refusé un troisième vote de principe à l'ancienne Première ministre sur son accord de retrait, au motif qu'il portait exactement sur le même texte que le deuxième. Et il y a huit jours, John Bercow a de nouveau frustré le gouvernement lorsqu'il a qualifié de "répétitif et désordonné" un nouveau vote de principe sur l'accord de divorce. C'est aussi lui qui a permis l'adoption de la loi Benn, obligeant le gouvernement à demander à l'Union un report dans le cas où les députés ne s'étaient pas mis d'accord avant le 19 octobre.

Le nouveau président de la Chambre des communes sera probablement moins interventionniste que celui qui quitte le fauteuil en cuir vert qui domine le Parlement britannique. À ce stade, bon nombre des neuf députés qui participeront à la course qui sera réglée le 4 novembre ont cherché à prendre leurs distances par rapport à l'approche adoptée par John Bercow pour gérer le processus Brexit. Dans tous les cas, son départ sera probablement une épine en moins dans le pied de Boris Johnson qui voit en lui son adversaire de l'ombre.

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