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Londres / Immobilier

Brexit : l’immobilier britannique s’est effondré au profit des autres capitales

L'immobilier a dégringolé de 10% à Londres sur les douze derniers mois. À la fois parce que les acheteurs diffèrent leurs acquisitions afin de connaître l'issue des négociations, mais aussi en raison de l'exode des travailleurs européens qualifiés. 
Londres
Londres

Les chiffres bruts comme les enquêtes de confiance sont unanimes sur le sujet : le marché immobilier britannique s’est effondré depuis le vote sur le Brexit. Hier encore, l’enquête publiée par le Royal Institute of Chartered Surveyors a souligné à quel point les trois dernières années d’incertitude avaient pesé sur la propension des Anglais à investir dans la pierre. Que ce soit l’indicateur de prix établi grâce aux réponses des sondés (en recul de deux points par rapport à septembre) ou celui concernant les demandes d’informations d’acheteurs à propos de biens immobiliers (en baisse d'un point), ou encore la mise sur le marché de nouveaux biens (-2 points), tout indique que les Anglais n’ont pour l’instant plus envie d’acheter ni d’emménager.

Le marché résidentiel secondaire est en très mauvaise posture”, explique ainsi Jean Roche, UK Fund Manager chez Schroders à Londres. “Certes, le marché de l’immobilier neuf a mieux résisté, mais c’est surtout grâce aux mesures d'incitation à l'achat mises en place par le gouvernement”, poursuit la gérante. Qui a d’ailleurs décidé l’an dernier de revendre l’intégralité de ses participations dans le site de vente de logement en ligne rightmove, l’équivalent du se loger français.

Sans surprise Londres est la ville la plus touchée par la chute des prix de l’immobilier: ceux-ci y ont dégringolé de près de 10% sur les 12 derniers mois et de 18% sur les trois dernières années. Comme dans le reste de l’Angleterre en effet, les propriétaires et les potentiels acheteurs londoniens ont jusqu’à présent reporté leur décision de vendre ou d’acquérir un bien, dans l’espoir que les prix remontent après la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE). À condition bien sûr que le gouvernement parvienne à négocier ensuite un accord commercial favorable au pays. En cas de Hard Brexit en effet, les prix à Londres et en Irlande du Nord pourraient s’effondrer de respectivement 7% et 6% l’an prochain, selon une estimation de KPMG.

Mais si la chute des prix est particulièrement marquée à Londres, c’est également parce qu’elle est la "ville britannique où l’exode de travailleurs qualifiés européens est le plus important " selon Azad Zangana, économiste Europe senior chez Schroders. De nombreuses banques de la City ont ainsi déménagé une partie de leur staff dans l'une des capitales de l'UE, afin de continuer à commercialiser leurs produits financiers sans surcoût.  Mercredi dernier, Bank of America a ainsi inauguré ses nouveaux locaux rue de la Boétie à Paris, où quelque 400 personnes ont été transférées de Londres. Rappelons que les services financiers représentent un peu plus de 13% du PIB britannique, et que la grande majorité des emplois dans le secteur sont basés à Londres. 

L'arrivée d’anciens résidents londoniens et britanniques dans les grandes capitales européennes a déjà eu un impact sur les prix du marché immobilier. Et pour cause, le prix du mètre carré à Londres - malgré la chute des ventes de logements - est encore de 15.000 euros, contre 10.000 euros à Paris et 6.000 euros à Francfort. La tendance pourrait s’accélérer selon l’issue du Brexit et des départs qui en suivront : selon une étude publiée par Coldwell Banker fin octobre, l’immobilier de luxe à Paris pourrait devenir plus cher qu’à Londres d’ici trois ans.

 

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