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Nissan / Renault / Jean-Dominique Senard / Makoto Uchida
Nissan a-t-elle trouvé sa boussole ?
Mardi 8 octobre, Nissan faisait une annonce qui prenait chacun de court en disant avoir choisi l'homme capable de diriger le constructeur automobile japonais en déconfiture. Le nouveau chef sera Makoto Uchida, en place dans l'entreprise depuis 2003 et nommé à la tête des opérations en Chine depuis l'an dernier.
À 53 ans, il devra relever aux côtés de ses deux bras droits Ashwani Gupta et Jun Seki, les plus grands défis auxquels Nissan a jamais été confrontée depuis sa naissance. Primo, un défi réputationnel après que Carlos Ghosn a fait la Une de la presse internationale pendant des mois pour malversations financières. Secundo, un défi économique et financier, après que les bénéfices et les ventes ont chuté drastiquement. Tertio, un défi organisationnel, maintenant que l'ancien directeur général Hiroto Saikawa a démissionné pour des questions de rémunérations et que les relations au sein de l'Alliance n'ont jamais été aussi questionnées.
Selon plusieurs sources, Jean-Dominique Senard, actuel président de Renault et membre du conseil d'administration de Nissan, a vu dans ces nominations une initiative positive qui pourrait aider l'alliance à surmonter ses récents problèmes. Il a profité de cette nouvelle investiture pour rappeler qu'une fusion entre les deux constructeurs n'était absolument pas à l'ordre du jour.
Cela tombe bien, c'est exactement dans ce sens que vont aussi les nouvelles affirmations de Makoto Uchida. "Il n'y a pas de discussions sur la structure du capital pour le moment", a déclaré Makoto Uchida au siège de Nissan à Yokohama, lui qui a été choisi sur une liste de plus de 100 candidats au poste de PDG comme étant le mieux équipé pour réparer les liens de Nissan avec Renault et pour rompre de manière décisive non seulement avec l'ère Ghosn mais aussi avec les luttes intestines qui ont paralysé l'entreprise. "À court terme, la priorité est de trouver comment l'alliance peut contribuer à l'augmentation des revenus et des profits de chacune des entreprises", a-t-il ajouté.
Cette arrivée devrait apaiser les tensions au sein de la troïka avec un leadership collectif, redonner de la valeur à Nissan et regagner la confiance de ses clients tout en allouant enfin l'élan aux trois partenaires pour un développement nécessaire des nouvelles technologies comme la conduite autonome et l'intelligence artificielle.
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