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Climat : 2.500 milliards de dollars pour sauver la planète
Les entreprises feront-elles mieux que les États pour lutter contre le changement climatique, alors que ces derniers viennent de montrer leur incapacité à faire des efforts à la mesure de l'urgence environnementale, adoptant un accord a minima lors de la COP25 ? Pour atteindre les objectifs de l'Accord de Paris, les sociétés du secteur industriel, les plus directement concernées par le climat, devront en tout cas débourser des montants colossaux, si l'on en croit l'étude publiée par l'assureur crédit Euler-Hermes, sur le sujet. Non par ethisme vert pourtant, mais surtout parce qu'elles seront confrontées à une réglementation de plus en plus contraignantes concernant l'environnement. Et n'auront donc d'autre choix que d'augmenter leurs dépenses pour respecter ces nouvelles normes climatiques.
Certains secteurs seront néanmoins plus touchés que d'autres. Sans surprise, celui des énergies sera l'un des plus impactés, alors que les réglementations relatives au changement environnemental ont déjà coûté 1.400 milliards de dollars au secteur sur les 10 dernières années. Elles devraient ainsi représenter pour ces entreprises quelque 900 milliards de dollars supplémentaires ces dix prochaines années. L'acier serait le deuxième secteur le plus affecté, et devra débourser 300 milliards d'ici 2030 tandis que le secteur du transport maritime et aérien serait troisième de la liste - à hauteur de 55 milliards de dollars. Très gourmand en carbone, il devra payer l'accroissement des taxes relatives aux émissions de CO2.
En termes de pays, la France pourrait notamment être affectée si le prix des émissions de CO2 venait à augmenter. Une tendance qui devrait s'accroître, au niveau européen du moins, alors que la nouvelle Commission a dévoilé la semaine dernière son green deal, comprenant notamment une taxe carbone aux frontières ou l’extension du marché carbone aux pays qui voudraient exporter en Europe et qui ne seraient pas alignés avec l’Accord de Paris. L'Allemagne vient d'ailleurs d'annoncer qu'elle augmenterait le prix des émissions de dioxyde de carbone provenant des transports et du chauffage des bâtiments à 25 euros (27,56 $) la tonne à partir de 2021. Si donc les émissions de dioxyde de carbone sont davantage taxées, l'impact financier pour l'Hexagone sera de 55 milliards d'euros sur les dix prochaines années. En revanche, le secteur de l'énergie français serait moins touché que les autres, en raison de sa forte orientation vers le nucléaire.
Selon Euler Hermes, les entreprises doivent donc se préparer à subir les conséquences directes de cette nouvelle vague de réglementations : leurs marges brutes devraient baisser en raison de la hausse des coûts des émissions, tandis que leur bénéfice opérationnel pourrait reculer, en raison de leurs efforts supplémentaires en R&D pour se mettre aux nouvelles normes réglementaires.
À plus long terme, certaines entreprises pourraient tout bonnement disparaître, sauf si elles adaptent leurs modèles économiques suffisamment rapidement. "Le secteur du charbon est un exemple flagrant d’une industrie immobilisée", déplore Euler Hermes, qui prédit donc la mort d'une partie des sociétés du secteur.
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