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Les chamailleries autour du Green deal

Le vaste projet d'accord vert visant à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050 a du plomb dans l'aile. À ce sujet, beaucoup regrettent l'attitude de la France leader d’une minorité de blocage. 
Climat - écologie - environnement
Climat - écologie - environnement

La croissance économique n'est pas seulement quantitative, elle doit avoir une direction. C'est en tout cas le parti pris d'Ursula von der Leyen, fraîchement élue à la tête de la Commission européenne, et qui a lancé la semaine dernière son green deal, qui définira cette orientation de manière à stimuler la croissance de la zone tout en luttant contre le changement climatique. 

L'occasion est grande, mais les défis le sont aussi. La politique monétaire a déjà échoué il y a dix ans, lorsque pour relancer l'économie, elle n'a pas été complétée par une stratégie d'investissement sérieuse et des mesures de relance budgétaire, l'argent étant massivement réinvesti dans le secteur financier pour soutenir des entreprises à forte intensité carbone. Surtout, l'obsession des pays à conserver leur triple A, a freiné la prise de risque et le courage, indispensables à la révolution climatique.

Aujourd'hui, il y a un autre obstacle qui freine drastiquement l'avancée souhaitée par la présidente de la Commission européenne, c'est le débat sur la place du nucléaire dans les énergies propres, et c'est la France qui, la première, bloque les discussions. L'Hexagone et les capitales d'Europe de l'Est - pour qui l'enjeu du nucléaire représente des dizaines de milliards d'euros - ont exigé que les règles indiquent clairement aux investisseurs que l'énergie nucléaire fait partie du chemin de l'UE vers la neutralité carbone. En effet, l'énergie nucléaire était formellement exclue du code vert foncé correspondant aux activités qui contribuent effectivement à un objectif environnemental, sans être pour autant exclues des activités "habilitantes" et "de transition", les deux autres catégories obtenues par le Conseil. C'est bien le risque d'accident nucléaire et la gestion délicate des déchets radioactifs qui empêchent cette énergie d'obtenir le Saint-Graal. 

Hier, les Vingt-Huit ont finalement convenu d’une nouvelle position de négociation sur la taxonomie verte. Ursula von der Leyen a obtenu une majorité autour d’un texte donnant plus de garanties pour inclure le nucléaire dans la catégorie des activités "de transition", sans pour autant que l'énergie nucléaire ne bascule dans la catégorie du code vert foncé. Par exemple, le critère de non-nuisance à un objectif environnemental se concentre sur le critère de nocivité effective et non plus des risques, évinçant la prise en compte du risque d'accident nucléaire.

Certes, c'est une victoire pour les ambassadeurs pro-nucléaire, mais le compromis doit encore être approuvé par le Parlement européen, qui a récemment insisté sur son "non" au nucléaire. Bref, ces chamailleries prouvent encore que l'année se termine sur une note sobre pour le climat, pendant que la plus grande ville d'Australie est étouffée par les feux de brousse, que les températures annuelles de l'Arctique ont atteint leur plus haut et que les niveaux atmosphériques de dioxyde de carbone augmentent à Paris, faute de transports publics.

 

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