Entreprises / Actions / bank of england / Environnement / écologie
Entreprises / Actions
bank of england / Environnement / écologie
Stress test climatiques, de quoi parle-t-on ?
Hier matin, la Bank of England (BoE) a expliqué comment elle testerait les bilans des plus grandes banques et compagnies d'assurances nationales sur leur résistance à des phénomènes météorologiques et les conséquences d'une vente soudaine des actifs dits "bruns", c'est-à-dire ceux nuisibles à l'environnement.
Au Royaume-Uni, les prêts aux producteurs de combustibles fossiles et à d'autres actifs bruns représentent environ 70% des fonds propres ordinaires de niveau 1 des banques, le type de capital pourtant le plus sûr, selon la BoE. Par ailleurs, Greenpeace révélait récemment que les établissements britanniques Barclays, HSBC, Standard Chartered et RBS ont continué à financer l’industrie du charbon depuis l’accord de Paris sur le climat en 2015 malgré les promesses du secteur de soutenir des énergies plus propres. Ces quatre grandes banques ont au total financé à hauteur d’environ 32 milliards de dollars, entre 2016 et fin septembre 2019, des entreprises qui ont des projets de nouvelles centrales à charbon, une énergie parmi les plus polluantes de la planète. C'est pourquoi, une vente soudaine des actifs dits bruns, certainement déclenchée par une réglementation drastique, aurait de lourdes conséquences sur le bilan des établissements. En raison de la véritable béquille qu'ils sont pour les banques, et leur ampleur dans les bilans.
Mark Carney, le gouverneur de la BoE, a déclaré que les nouveaux tests étaient "un exercice pionnier, qui s'appuie sur les progrès considérables déjà réalisés par les entreprises, les banques centrales et les régulateurs dans la gestion des risques liés au climat". La Banque des banques britanniques a fait savoir qu'elle testerait trois scénarios. Le premier suppose que des mesures sont prises rapidement pour faire face aux changements climatiques et se conformer à l'Accord de Paris afin de maintenir la hausse des températures en dessous de 2°C. Le second suppose une action retardée d'une décennie, ce qui pourrait entraîner des ventes d'actifs plus importantes à la suite d'une réaction brusque des politiciens et des décideurs politiques pour atteindre le point de référence de 2°C. Dans le scénario le plus grave, les prêteurs et les assureurs seraient testés contre des hausses de température pouvant atteindre 4°C d'ici 2080.
Cette initiative intervient aussi peu après l'arrivée de Christine Lagarde à la tête de la BCE, elle qui a insisté pour que le changement climatique soit un élément essentiel de la politique monétaire, et quelques jours après les échecs des pourparlers à la COP 25 de Madrid le week-end dernier. Nous connaîtrons les premiers résultats de cette expérience inédite au second semestre 2021 dans le cadre des tests de résistance annuels normaux de la BoE, notamment réalisés sur Barclays, HSBC et Lloyds Banking Group. La France suit les traces de l'Angleterre : Bercy a annoncé lors du Climate Finance Day fin novembre que les autorités de régulation françaises feraient passer des stress-tests climatiques aux banques et assurances du pays en 2020. Tout comme au Royaume-Uni, trois scénarios relatifs à l’impact du changement climatique sur l’économie seront proposé. Ils seront dévoilé dès le premier trimestre 2020 par la BdF.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

