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politique monétaire

Banques / Banques / taux d'intérêt / banques centrales / Fed / BCE / BoE / bank of england

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Banques / taux d'intérêt / banques centrales / Fed / BCE / BoE / bank of england

2022, l’année des banques européennes

La hausse des taux largement attendue devrait, si elle est maîtrisée, profiter aux marges d’intérêt des banques, comprimées par plus de 10 ans de politique monétaire accommodante.

Depuis la crise financière de 2008, les banques européennes se sont plaintes de la faiblesse des taux qui pesait fortement sur la rentabilité de leurs activités de prêt. Les perspectives de resserrement de la politique monétaire des principales Banques centrales en 2022 leur ouvrent des perspectives réjouissantes. La Bank of England a été la première à procéder à une hausse de son taux directeur, tandis que la Banque centrale européenne devrait aborder le sujet cette année. Les actions des établissements européens ont dépassé leur plus haut niveau en trois ans la semaine dernière, stimulées par le signal de la Réserve fédérale américaine (Fed) indiquant qu'elle pourrait relever les taux plus rapidement que prévu. Or, "la corrélation entre les banques et les rendements obligataires américains a augmenté ces dernières années", notent les analystes de Bank of America.

Des hausses de taux généralisées auront immanquablement des effets positifs sur les marges d’intérêt des établissements de crédit, donc leurs revenus, alors qu’ils étaient accoutumés à afficher des taux de croissance faméliques dans leurs pôles de banque de détail – dans leur relation commerciale avec les entreprises, cette faiblesse est plus facilement compensée par des activités plus lucratives, sur les marchés ou dans les services financiers spécialisés par exemple.

Etant donné que les banques ont dû tailler dans leurs coûts pour s’adapter au contexte de taux bas, en rationalisant leurs réseaux d’agences, et ont largement numérisé la relation avec leurs clients, la hausse prévisible des revenus s’accompagnera d’une hausse de leur rentabilité – ce dont les actionnaires devraient également profiter. Selon les analystes de Citi, cela pourrait donner lieu à 81 milliards d’euros de distributions de dividendes au titre de l’année 2022.

L’année en cours pourrait d’être d’autant plus positive – sauf dérapage exogène important – que les banques démarrent sur des bases très solides : elles ont pour l’essentiel terminé l’exercice 2021 dans une forme insolente. Selon le dernier tableau de bord trimestriel de l’Autorité bancaire européenne (ABE) publié hier, la rentabilité moyenne des fonds propres des établissements qu’elle supervise a grimpé à 7,7% au troisième trimestre 2021, contre 2,5% au un an plus tôt et 5,7% au troisième trimestre 2019. Elle est donc plus élevée qu’avant la crise sanitaire. Le ratio de créances douteuses a, lui, baissé de 20 points de base par rapport au troisième trimestre 2020, à 2,1%.

Les banques européennes sont encore assez nettement moins valorisées que leurs homologues américaines. Leurs actions avaient souffert en Bourse au plus fort du confinement : elles avaient dû pour beaucoup d’entre elles suspendre les versements de dividende à la demande des autorités réglementaires et les investisseurs craignaient de voir flamber les créances douteuses à mesure que les clients entreprises comme particuliers seraient étranglés entre l’absence d’activité et le poids de leurs frais financiers. Mais il n’en a rien été, les taux de défaut étant restés très bas grâce aux mesures de soutien des Etats et des Banques centrales. Si le secteur s’est repris depuis (le compartiment des banques de l’indice Euro Stoxx 600 a progressé d’environ 40 % en 2021), il devrait encore profiter d’un effet de rattrapage de ses multiples boursiers par rapport aux Etats-Unis.

Mais toute médaille a son revers. L’effet des hausses de taux sur les revenus n’est pas mécanique et elles pourraient provoquer, si elles sont mal maîtrisées, un mouvement de retrait des investisseurs et une perte de confiance des entreprises et des consommateurs – grevant ainsi la croissance. En outre, si les garanties publiques protègent partiellement les créanciers des prêts accordés pendant la crise sanitaire, il convient de se souvenir que les entreprises et les particuliers ont abordé cette crise avec des niveaux d’endettement records – fruits d’une décennie de baisse de taux.

Les banques européennes ont identifié un danger supplémentaire. "Dans leur majorité, les banques s'attendent à une hausse des risques opérationnels dus principalement aux risques élevés de cybersécurité", relève l'ABE, dont le tableau de bord comprend un questionnaire portant sur un échantillon de 131 établissements, représentant plus de 80% des actifs du secteur bancaire de l'Union européenne.

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