WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Chroniques /

Chroniques

Chronique
Pourquoi l’escalade a pu être évitée autour de l’Iran
par

Après quelques jours de fortes tensions entre les États-Unis et l’Iran liés à la liquidation du patron des milices chiites, une riposte mesurée a eu lieu de la part de Téhéran sans créer de victimes américaines. Alexandre Adler nous explique pourquoi les mollahs ont choisi de ne pas affronter les États-Unis et de viser davantage l’axe Moscou Jérusalem.

11/01/2020 - 09:30 Temps Lecture 7 mn.

 

Nos lecteurs ont désormais l’habitude de nos analyses un peu décalées que nous leur avons livrées depuis le début de cette année sur l’ensemble des évènements extraordinaires auxquels nous sommes, depuis quinze jours, confrontés, sans relâche et qui nécessitent, comme dans la résolution d’un problème de géométrie de résoudre, au passage, des points d’interrogation, que l’on peut transformer en de véritables certitudes.

Nous savons, sans l’ombre d’un doute, que dans une situation aussi tendue, les forces militaires iraniennes ne commettent pas d’erreur d’inattention, quand bien même cela peut leur arriver en temps normal. Mais pas ici et dans cette circonstance. Les dirigeants iraniens actuels, c’est-à-dire le chef de l’État, l'ayatollah Khamenei, et le seul soutien politique qui lui reste : l’état-major des gardiens de la révolution, à présent décapité par la liquidation de Qasem Souleimani - dont nous nous abstiendrons du grade pompeux et posthume de général - cherchent à éviter de faire des erreurs ou des lapsus, au moment où ils jouent leur survie.

Le sujet de l’avion ukrainien

Ils ont donc délibérément décidé de frapper par un missile aux conséquences mortelles un avion de ligne ukrainien à titre de sanction, sachant qu’ils n’avaient, en revanche, ni les moyens ni le culot outrancier de frapper les Américains, les Israéliens ou même de façon ouverte la Russie de Poutine. Alors Pourquoi l’Ukraine ? Nos amis iraniens, disciples de Khomeiny, ne sont pas du tout politiquement corrects. Pour eux, comme s’il leur arrivait de lire attentivement mes chroniques, Poutine est devenu l’ami intime d’Israël en général et de Netanyahu en particulier. Et pour eux aussi l’amitié très étroite du premier ministre israélien et du Président Russe fait de ce couple tout à fait nouveau l’ennemi juré de l’Iran actuel. D’autant plus que l’Iran réel ne souhaite que la liquidation rapide de Khamenei et la montée en puissance d’une majorité de mollahs, de plus en plus pragmatiques et de mieux en mieux orientés vers un rétablissement rapide des mécanismes démocratiques, lui-même accompagné d’un déblocage des crises engrenées l’une sur l’autre, de l’Irak, du Liban chrétien et de la Syrie, de plus en plus investie, avec le plein accord d’Israël par un retour en force programmé de la Russie, dont l’architecte n’est autre que l’ancien ministre de la Culture et l’ancien ambassadeur à Paris Alexandre Avdeiev. Ce dernier avec l’approbation pleine et entière de Poutine.

Le rôle crucial du Mossad

Or il se trouve que le nouveau Président Ukrainien, Zelenski, outre un passé professionnel d’acteur plutôt populaire, n’est autre que le cousin de notre amie féministe française, Anne Zelenski, bien connue à Paris pour ses prises de position très hostiles aux islamistes. Et pour les derniers résidus du fascisme iranien, tous ces gens-là ne sont que des juifs, tout dévoués à l’entente de Poutine et de Bibi Netanyahu, qui eux aussi, tout comme Andropov naguère, demeuraient profondément attachés à leurs racines juives.

Tout le monde le sait : si la sentence exécutoire contre Souleimani a bien été accomplie par un bras armé américain. En revanche le travail de renseignement et d’identification des lieux où se déplaçait Souleimani est imputable au seul Mossad et à son alliance de plus en plus étroite – et favorisée par la Russie – avec l’Azerbaïdjan indépendant. Une alliance instaurée par les successeurs d’Aliev à Bakou. Or, élément supplémentaire à la compréhension du problème, dans l’anarchie iranienne actuelle, la partie azerbaïdjanaise de l’Iran, à Tabriz, et même ailleurs, a réalisé tacitement une coordination permanente avec l’Azerbaïdjan ex-russe pour devenir une entité politique véritable. Donc, Khamenei et les siens savent qu’ils ont perdu tout contrôle sur une partie considérable de leur territoire grâce à Poutine, aux Russes, aux militaires de Bakou et en ultime instance au Mossad et à Zelenski et aux sionistes en général.

Un empire iranien en décomposition

Conclusion ici en russe : "nye sluchaïna" (en français : "il n’y a aucun hasard"). Les gardiens de la révolution sont condamnés à en rester là faute de mieux en s’attaquant frontalement au cercle de décision Poutine-Avdeiev-Zelensky-Netanyahu dont ils estiment à juste titre qu’ils viennent de leur infliger un coup fatal qui ne leur laisse plus guère que quelques alliés très parsemés. Le message que nos alliés américains feignent d’imputer à un cafouillage "mollahcratique" est en réalité beaucoup plus clair qu’on ne le prétend. Et il exclut une escalade supplémentaire impossible pour Khamenei en raison de la sécession de l’Azerbaïdjan de Tabriz, et de l’immense majorité de l’opinion iranienne à Téhéran comme Ispahan et Mashad.

Là les élégantes, comme chacun peut l’observer, savent comment remonter leur tchador jusqu’aux limites possibles quand elles ne vont pas jusqu’à l’enlever devant les caméras. Le peuple de Téhéran attend maintenant avec impatience l’heure de la remise des comptes, et pourquoi pas, une victoire du fils du défunt shah, Mohammed Reza Pahlavi. La suite leur appartient après ce dernier crime dérisoire qui n’abolit ni le dôme de fer, ni la présence israélienne à Bakou, ni les menées provocatrices des pasdarans sur tous les territoires iraniens et irakiens. Reste à présent au grand Ayatollah Sistani, à réunifier les mouvements religieux de Bagdad et de Téhéran sous sa propre autorité et à abolir, comme il en a déjà pris l’engagement, les pouvoirs théologiques, - invention funeste de Khomeiny dès 1979 - et qui aux applaudissements de tout l’islam modéré, tombera enfin à la poubelle de l’Histoire. Mais ceci, cher lecteur, concerne évidemment l’épisode suivant, qui se joue tout d’abord dans l’empire iranien en décomposition, à Bagdad, à Beyrouth et à Damas.

Chroniques du même auteur
Chroniques
du même auteur

Chronique /

Chronique / Les 4 clefs de la géopolitique pour 2020

04/01/2020 - 09:30

Chronique /

Chronique / Boris Johnson, le paradoxe Churchillien

21/12/2019 - 09:30

Les chroniques de la semaine
Les chroniques
de la semaine

Chronique /

Chronique / Les 4 clefs de la géopolitique pour 2020

04/01/2020 - 09:30

Chronique /

Chronique / Boris Johnson, le paradoxe Churchillien

21/12/2019 - 09:30

Chronique /

Chronique / La carte tchèque de Le Drian

14/12/2019 - 09:30

Chronique /

Chronique / Notre sécurité à l’extérieur comme à l’intérieur

07/12/2019 - 09:30

Chronique /

Chronique / Quatre questions sur l’opération Barkhane

30/11/2019 - 09:30

Chronique /

Chronique / Le nouveau monde selon Xi Jinping

23/11/2019 - 09:30

Chronique /

Chronique / Un coup de pistolet au milieu d’un concert

16/11/2019 - 09:30