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Peugeot / fiat chrysler / Fusion / Thierry Peugeot / agnelli

La revanche de la famille Peugeot

La famille Peugeot, qui détiendra un peu plus de 6% du capital de PSA et Fiat Chrysler, compte exercer son option pour acquérir 2,5% supplémentaires. Une question de dignité face à la jeune dynastie Agnelli. Une question d'orgueil eu égard à l'humiliation de 2014. Une question de confiance dans le prochain ensemble. 
Robert Peugeot - Président de FFP
Robert Peugeot - Président de FFP

Mi-décembre, les constructeurs français PSA et italo-américain Fiat Chrysler avaient annoncé leur contrat de mariage, validé, chose plutôt rare en ces périodes de protestations sociales, en amont par les 400.000 salariés des deux constructeurs. Or, il vient non pas d'être ajouté un avenant au contrat, car l'option y figurait déjà au mois de décembre, mais la famille Peugeot, par la voix de Jean-Philippe Peugeot, a dit vouloir augmenter sa participation de 2,5% dès que possible, dans le futur ensemble.

Ainsi, la huitième génération de la dynastie Peugeot détiendra, dès lors qu'elle aura fait jouer son option, un peu plus de 8,5% du prochain groupe. D'abord, c'est une question d'orgueil pour la famille Peugeot face à la famille d'industriels turinois Agnelli, dont la réputation s'est faite bien plus tardivement que celle que des Peugeot, initiée par Jules Ier et Émile Peugeot à l'origine d'une marque en forme de Lion au début du XIXe siècle. En effet, les 2,5% supplémentaires rapprochent un peu plus les Peugeot de la participation des Agnelli, qui conserveront 14% du groupe formé par la fusion, via Exor, la holding de tête.

Surtout, c'est une façon pour PSA de s'affranchir encore de l'humiliation subie en 2014, lorsque l'État français et le Chinois Dongfeng ont injecté 800 millions d'euros chacun, contre moins de 100 millions d'euros pour PSA, dans une opération de sauvetage. Ce qui avait d'ailleurs provoqué le départ de Thierry Peugeot du Conseil de surveillance à l'été de la même année, en raison de son opposition à la stratégie qui a conduit à la montée du chinois Dongfeng au capital du groupe automobile français. Grâce à cette option, Peugeot pourra se vanter d'une participation supérieure à celles de Bpifrance et de l'actionnaire asiatique qui conserveront la moitié de leurs parts, soit respectivement 6,115% de PSA - Fiat Chrysler. Par ailleurs, il est probable que Bpifrance cédera encore 2,5 points de pourcentage de sa participation, comme le prévoit un autre ban du contrat de mariage. À ce sujet et dans un entretien accordé à L'Est Républicain, Jean-Philippe Peugeot "remercie" l'établissement public "d'avoir été au rendez-vous en 2013-2014 lorsque PSA était en difficulté", mais souligne qu'il "n'a pas vocation [...] à être éternellement présent".

Au-delà d'une seule question de vanité, le fait de monter au capital est aussi la preuve que la famille Peugeot croit en la capacité de PSA-Fiat Chrysler, le prochain du numéro quatre du secteur avec plus de huit millions de véhicules, à créer de la valeur. Et pour cause, l'opération devrait remodeler le secteur automobile européen, qui connaît une période de transformation sans précédent depuis l'avènement des premières voitures de série au début du XXe siècle. Période durant laquelle la Chine et la Corée du Sud se sont stratégiquement positionnées, au détriment du secteur en Europe. La bascule du "thermique" vers l’électrique, les évolutions vers les véhicules connectés et la mondialisation croissante de l’industrie automobile font de cette "performance" un impératif pour survivre. 

Pour autant, l'accord est toujours susceptible d'attirer l'attention des autorités de la concurrence. Ce à quoi, Nicolas Dufourcq - PDG de Bpifrance, bras financier de l'État actionnaire de PSA - dans une interview accordée à BFM rétorque, "il faut savoir que Volkswagen a 50% de parts de marché en Allemagne". C'est vrai, mais le constructeur allemand a obtenu ces parts de marché par une croissance organique tout à fait aux normes, et non par une croissance externe, qui pourrait provoquer l'irritation de Margrethe Vestager. 

 

 

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