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Stellantis / Carlos Tavares / PSA / fiat chrysler

Stellantis, un beau bébé

Un semestre après sa formation par la fusion entre PSA et Fiat Chrysler, le quatrième groupe automobile mondial affiche un niveau de marge opérationnelle record et impressionne par sa capacité à dégager des synergies.
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, crédits : Eric Piermont, AFP
Carlos Tavares, directeur général de Stellantis, crédits : Eric Piermont, AFP

Pour la première publication financière depuis sa création officielle en janvier dernier, Stellantis place la barre haut : malgré la pénurie mondiale de semi-conducteurs, le constructeur automobile, fruit du mariage entre le français PSA et Fiat Chrysler, affiche une rentabilité record au premier semestre et a relevé sa prévision pour l’année.

Un résultat opérationnel courant proforma multiplié par plus de onze (à 8,6 milliards d’euros), alors que le chiffre d’affaires bondissait dans le même temps de 46% (à 75,3 milliards), permet au groupe d’afficher une marge de 11,4%. Un taux qui a fait forte impression auprès des analystes et pulvérise le record précédent de 8,7% établi par PSA deux ans plus tôt. Cette performance permet à Stellantis de relever considérablement son objectif de marge opérationnelle pour 2021 : il anticipe désormais autour de 10%, contre une fourchette précédente comprise entre 5,5% et 7,5% et alors que les analystes anticipaient en moyenne 8,2%... Le groupe a donc pu s’adapter à la pénurie de semi-conducteurs, qui a privé la production de Stellantis de 700.000 véhicules et qui devrait représenter le même déficit de production au second semestre. S’il avait déjà révélé, début juillet, le dépassement de l’objectif de marge, aucun nouveau chiffre n’avait été annoncé. C’est désormais chose faite.

"L’excellence opérationnelle et l’exécution des synergies […] ont conduit le groupe à obtenir des résultats financiers très solides au 1er semestre 2021. Tout en assurant cette performance opérationnelle élevée, l’entreprise a également fait des progrès majeurs sur les questions stratégiques, liées à l’accélération de l’électrification et au software qui sont les piliers fondamentaux de notre stratégie ", se réjouit Carlos Tavares, le directeur général de Stellantis, dont l’évolutions des comptes portent assurément sa patte. Le démarrage rapide des synergies (dont l’objectif ultime de 5 milliards d’euros en 2024 a été confirmé) s’est traduit par un flux de trésorerie net massif de 1,3 milliard d’euros au cours du semestre. La hausse du coût des matières premières (700 millions d’euros) a ainsi pu être absorbée sans encombre.

Le bénéfice opérationnel a été porté par des mix prix et produits très favorables, dont la contribution respective a atteint 3,9 et 1,8 milliards d’euros. La rentabilité a été exceptionnelle en Amérique du Nord avec une marge de 16,1% (où Stellantis bénéficie de la présence de Chrysler sur un marché favorisant les SUV et pick-ups à forte marge). Un positionnement de bon augure pour le reste de l’année, Stellantis ayant relevé de deux points de pourcentage son estimation de croissance du marché nord-américain, à 10% en 2021. L’amélioration s’est également révélée surprenante en Europe, avec une marge opérationnelle courante de près de 9% - le courtier JPMorgan Cazenove attendait par exemple environ 6%.

Le résultat net profite logiquement de cette embellie : avec un bénéfice de 5,94 milliards d’euros entre janvier et juin cette année, Stellantis oublie sa perte nette de 813 millions d’euros enregistrée un an plus tôt en raison des mesures de confinement.

La santé financière de Stellantis autorise l’optimisme de ses dirigeants. "Nous avons les moyens de ne pas être des suiveurs. Avec notre taille, nous devons être des meneurs pour aller dans la direction où va le monde", a déclaré Carlos Tavares en conférence de presse. Sur le terrain crucial de l’électrification des véhicules, Stellantis doublera le nombre de modèles 100% électriques dans les deux ans qui viennent (ce qui portera la gamme à 22 modèles), tandis que les trois marques haut de gamme du groupe (Alfa Romeo, Lancia et DS) seront totalement électrifiées d’ici à 2027.

Dernier chantier, la Chine, où PSA comme Fiat Chrysler connaissent un échec cuisant. Carlos Tavares espère être en mesure d’annoncer une nouvelle stratégie concernant le premier marché automobile mondial cette année. Pour 2021, le constructeur anticipe toujours un marché automobile en hausse de 5% en Chine, de 10% en Europe, de 20% en Amérique du Sud, de 15% dans la région Afrique-Moyen Orient et de 10% dans la zone Inde-Asie Pacifique.

Les investisseurs ont salué la performance de Stellantis. Son action a clos la séance en hausse de 4,2% hier, soit la meilleure performance du CAC 40, à 17,06 euros.

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